Le fakamisimisi de Futuna ou l’esthétique du travail quotidien

Le but de cet article est d’examiner un genre inédit de la riche et vivante littérature orale futunienne : le fakamisimisi. Déclamé au cours des cérémonies redistributives appelées katoaga, le fakamisimisi est un texte qui présente de grandes difficultés de traduction et d’interprétation. À la diffé...

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Detalles Bibliográficos
Publicado en:URI:https://journals.openedition.org/jso,
Autor Principal: Favole, Adriano
Formato: Article ou chapitre numérique
Idioma:Français
Publicado: Journal de la société des océanistes 2009
Sujets:
Acceso en liña:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Descripción
Résumé:Le but de cet article est d’examiner un genre inédit de la riche et vivante littérature orale futunienne : le fakamisimisi. Déclamé au cours des cérémonies redistributives appelées katoaga, le fakamisimisi est un texte qui présente de grandes difficultés de traduction et d’interprétation. À la différence des fakamatala, des mio¯ et d’autres genres de la littérature orale mieux connus, le fakamisimisi ne parle pas du passé pré-chrétien, de héros (to’a), de chefs (aliki) ou de divinités (atua). Il s’intéresse plutôt au travail quotidien des hommes et des femmes et aux produits de leur fatigue : les plantations de kava, d’ignames et de taros, l’élevage de cochons, etc., auxquels les différentes strophes sont dédiées. Récité par un aliki devant le mala’e du village recouvert de « biens » et de « richesses », le fakamisimisi se veut être une exaltation des produits du travail humain et des techniques permettant de les obtenir. À partir de la traduction et de l’interprétation d’un fakamisimisi composé et déclamé en 1997 à l’occasion d’un katoaga dans le village d’Ono (chefferie d’Alo), l’auteur réfléchit ici à la dimension esthétique (ou ethnoesthétique) des productions et des rites qui les célèbrent. Il avance la thèse selon laquelle l’importance de certains aspects de la coutume – tels les rites katoaga dans la société futunienne d’aujourd’hui – est à rechercher non seulement dans les « politiques de la tradition » et dans leur capacité de redistribuer les ressources et d’éviter l’apparition d’importantes inégalités sociales, mais aussi dans leur dimension esthétique et dans leur capacité de mise en valeur des techniques de production et des produits locaux vis-à-vis des marchandises du marché mondialisé.