Étude d’un genre cérémoniel de la tradition orale ajië, le vivaa (Nouvelle-Calédonie)

La littérature orale kanak demeure largement méconnue. Il est vrai qu’il s’agit souvent de textes difficiles, comme les discours traditionnels en langue ajië nommés vivaa. Ces « discours de coutume » sont prononcés lors des cérémonies de naissance, de mariage ou de deuil, ainsi que dans d’autres occ...

Popoln opis

Shranjeno v:
Bibliografske podrobnosti
izdano v:URI:https://journals.openedition.org/jso,
Glavni avtor: Ogier Guindo, Julia
Format: Article ou chapitre numérique
Jezik:Français
Izdano: Journal de la société des océanistes 2010
Teme:
Online dostop:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Opis
Izvleček:La littérature orale kanak demeure largement méconnue. Il est vrai qu’il s’agit souvent de textes difficiles, comme les discours traditionnels en langue ajië nommés vivaa. Ces « discours de coutume » sont prononcés lors des cérémonies de naissance, de mariage ou de deuil, ainsi que dans d’autres occasions de la vie sociale. La parole accompagne toujours le don rituel, selon des conventions bien précises. Le vivaa est un genre poétique, comme en témoigne la présence d’un rythme spécifique et d’une langue hautement métaphorique. Dans cette culture, les paroles cérémonielles ont une puissance évocatrice telle qu’elles possèdent une efficacité de type magique. Le contenu des discours est l’objet d’une recherche de consensus social. L’orateur, par des allusions historiques et sociologiques, cherche en effet à renforcer les alliances entre les clans et à régler la question des statuts. L’obstacle majeur à l’interprétation de ces oeuvres reste cependant l’ancienneté de leur composition, la société kanak ayant fortement évolué sous l’effet de la colonisation française. Le rôle de l’écriture, dans le maintien de cette tradition orale, semble alors être de renouveler la création poétique.