Terrain souterrain

Depuis 2004 je travaille en tant qu’anthropologue spécialisée dans la relation humain/animal comme consultante en éthique animale pour un grand groupe multinational. Il s’agit de comprendre l’impact sur l’opinion publique du conflit entre les protecteurs des animaux et les utilisateurs des animaux (...

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Detalles Bibliográficos
Publicado en:URI:https://journals.openedition.org/jda,
Autor principal: Milliet, Jacqueline
Formato: Article ou chapitre numérique
Lenguaje:Français
Publicado: Journal des anthropologues 2010
Materias:
Acceso en línea:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Descripción
Sumario:Depuis 2004 je travaille en tant qu’anthropologue spécialisée dans la relation humain/animal comme consultante en éthique animale pour un grand groupe multinational. Il s’agit de comprendre l’impact sur l’opinion publique du conflit entre les protecteurs des animaux et les utilisateurs des animaux (élevage et expérimentation). Récemment, j’ai dû signer un contrat m’obligeant à maintenir confidentielle ma participation aux comités d’éthique et stipulant que les résultats de mes recherches devaient rester à usage strictement interne. À cause de la concurrence entre les sociétés, mais aussi par peur que toute information vienne exacerber les conflits entre les différents protagonistes dans l’espace public, les chercheurs des sciences « dures », tels que les biologistes par exemple, n’ont pas le droit d’échanger leurs vues à propos de leurs travaux en dehors de l’entreprise qui les emploie. L’anthropologue, alors qu’il n’est pas salarié, se retrouve dans la situation qui est celle des chercheurs des sciences « dures », donc d’être dans l’impossibilité de publier et de partager les résultats de ses travaux avec ses pairs. Dès lors comment continuer à développer une pratique scientifique digne de ce nom ?