L’ennemi de l’intérieur et la victime innocente
L’issue de la guerre civile au Pérou – à savoir un État vainqueur de la subversion – a jeté les bases d’un récit mémoriel officiel binaire : aux innocentes victimes andines s’opposent les « terroristes » du Sentier lumineux, principaux producteurs de violence et de souffrance. Tout en démontrant qu’...
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| Publicado en: | URI:https://journals.openedition.org/jda, |
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| Autor Principal: | |
| Formato: | Article ou chapitre numérique |
| Idioma: | Français |
| Publicado: |
Journal des anthropologues
2019
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| Sujets: | |
| Acceso en liña: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Résumé: | L’issue de la guerre civile au Pérou – à savoir un État vainqueur de la subversion – a jeté les bases d’un récit mémoriel officiel binaire : aux innocentes victimes andines s’opposent les « terroristes » du Sentier lumineux, principaux producteurs de violence et de souffrance. Tout en démontrant qu’au souci d’intégration nationale des premiers, répond la dépéruanisation des seconds, l’article analyse le travail politique de fabrique de la catégorie générique de terroriste et de celle de la victime indigène. Il montre leur étroite relation avec l’héritage de la lutte anti-communiste menée par l’État et avec le legs colonial dans la hiérarchisation de la société péruvienne selon des critères ethnico-raciaux. À partir d’une ethnographie menée dans la capitale et dans les Andes, l’article analyse les modes de narration du passé. Il montre qu’ils sont construits en fonction de leur compatibilité avec les politiques de reconnaissance des dommages subis et à partir de critères d’innocence et de culpabilité qui n’acceptent aucun enchevêtrement possible dans la trajectoire d’un seul et même individu. La mobilisation publique du discours victimaire est ensuite mise en regard avec l’évocation intime de la souffrance et des rancœurs héritées de la guerre dans les campagnes andines. Dans ce cadre, émergent des récits qui permettent de dépasser la substantialisation des identités politiques et ethniques. Prenant le contre-pied d’une désociologisation des protagonistes de la guerre, la diversité de leur trajectoire est restituée. Elle est mise en perspective avec leur multipositionnalité sur l’échiquier politique du moment qui les oblige à « bricoler » avec les idées de réconciliation et de pacification des relations sociales que sous-tend le projet de justice transitionnelle promu par l’État et par différentes ONG. |
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