Lutte des travailleuses domestiques au Brésil

Dans cet article je propose une analyse des luttes des travailleuses domestiques brésiliennes, m’appuyant sur une recherche anthropologique menée au Brésil (Rio de Janeiro, São Paulo et Campinas), en 2013-2015 avec et parmi vingt travailleuses domestiques et dix militantes du Syndicat des travailleu...

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Dades bibliogràfiques
Publicat a:URI:https://journals.openedition.org/jda,
Autor principal: Ribeiro Corossacz, Valeria
Format: Article ou chapitre numérique
Idioma:Français
Publicat: Journal des anthropologues 2018
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Accés en línia:Accès Université d'Orléans et IFPM
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Descripció
Sumari:Dans cet article je propose une analyse des luttes des travailleuses domestiques brésiliennes, m’appuyant sur une recherche anthropologique menée au Brésil (Rio de Janeiro, São Paulo et Campinas), en 2013-2015 avec et parmi vingt travailleuses domestiques et dix militantes du Syndicat des travailleurs domestiques. Au cours des dernières années, les militantes du Syndicat des travailleurs domestiques, elles-mêmes travailleuses domestiques, ont réussi à obtenir d’importantes améliorations des conditions de travail, en tissant des forts liens avec le movimento negro. Chez les femmes pauvres et noires, ces changements ont contribué à renforcer leur estime de soi, la perception d’être un sujet de droits. Les luttes des travailleuses domestiques pour obtenir les mêmes droits que d’autres travailleurs ont toujours rencontré de fortes résistances, et non seulement parmi les secteurs les plus conservateurs. Leurs revendications basées sur le principe « domestic work is work » ouvrent en fait la possibilité de mettre en discussion la division socio-sexuée du travail, ainsi que son imbrication avec les hiérarchies de classe et race caractérisant la société brésilienne. Pendant les entretiens, certaines militantes ont parlé des difficultés ou des déceptions rencontrées dans les relations avec les femmes d’autres syndicats et institutions, ou avec des féministes, qui n’ont pas su soutenir leurs revendications. Les obstacles et les résistances aux revendications des travailleuses domestiques peuvent être envisagés comme une contre-réaction face à la possibilité de repenser l’entière distribution du travail domestique, mais aussi pour comprendre comment cette dernière est liée au racisme et aux inégalités de classe.