Éloge de la futilité

Duchamp est le plus souvent objet d’étude, pourtant c’est en tant que sujet qu’il apporte aujourd’hui sa contribution aux sciences de l’Homme. La thèse défendue ici est que Duchamp a découvert une loi sociologique qui détermine le jugement de goût chez les modernes et, par conséquent, qui est le mot...

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Veröffentlicht in:URI:https://journals.openedition.org/jda,
1. Verfasser: Boton, Alain
Format: Article ou chapitre numérique
Sprache:Français
Veröffentlicht: Journal des anthropologues 2015
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Online Zugang:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Beschreibung
Zusammenfassung:Duchamp est le plus souvent objet d’étude, pourtant c’est en tant que sujet qu’il apporte aujourd’hui sa contribution aux sciences de l’Homme. La thèse défendue ici est que Duchamp a découvert une loi sociologique qui détermine le jugement de goût chez les modernes et, par conséquent, qui est le moteur du processus avant-gardiste. Cette loi, qu’il a mise à l’épreuve de l’expérience grâce à son urinoir, montre que les regardeurs projettent des qualités valorisantes sur les objets d’artiste qui les leurs renvoient plus tard, une fois consacrés en tant que chefs-d’œuvre de l’art. Ce processus basé sur l’amour-propre et le désir d’une identité singulière, et qui est donc évidemment très affecté par le mimétisme, peut être étendu de manière intéressante à tous les objets culturels y compris les marchandises telles que les vêtements ou les automobiles. Dès lors, ce que nous permet de comprendre Marcel Duchamp est que la futilité, que l’on reproche souvent aux consommateurs de nos sociétés d’abondance, loin d’être une perte d’authenticité se rapprocherait plutôt d’une forme d’humour distancié par rapport à ses propres croyances identitaires très individualisées.