Du maître sans commandement au supposé sachant dans la pratique anthropologique

La notion de « maître sans commandement » est un concept fondateur des procédures de contrôle instituées dans « la passe », cadre organique de la validation des savoirs et des pouvoirs par les pairs en psychanalyse. En anthropologie, si l’évaluation par les pairs est aussi le fondement de la validat...

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Dades bibliogràfiques
Publicat a:URI:https://journals.openedition.org/jda,
Autors principals: Chazan-Gillig, Suzanne, Selim, Monique
Format: Article ou chapitre numérique
Idioma:Français
Publicat: Journal des anthropologues 2012
Matèries:
Accés en línia:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Descripció
Sumari:La notion de « maître sans commandement » est un concept fondateur des procédures de contrôle instituées dans « la passe », cadre organique de la validation des savoirs et des pouvoirs par les pairs en psychanalyse. En anthropologie, si l’évaluation par les pairs est aussi le fondement de la validation des concepts qui évoluent, engendrent de nouvelles manières d’appréhender la réalité des choses, dites, vécues, fantasmées ou les trois, la difficulté majeure est de trouver un cadre d’objectivation régulier qui permette de contrôler à tout moment, en chaque circonstance, la distance établie entre sujet et objet à travers divers modes de production de l’altérité. Dans le contexte actuel de structures d’évaluation, privées de la légitimité académique en mal de reproduction dans le contexte de « mort des idéologies », les publications pêchent trop souvent par ignorance des travaux antérieurs, débouchant sur des bibliographies tronquées quand elles n’exigent pas, pour les thèmes dits porteurs, que les auteurs citent tous les écrits sur le sujet traité. En évoquant la notion de « maître sans commandement » spécifique de la cure analytique, j’ai évoqué la difficulté d’instruire la qualité d’une recherche, son originalité par les pairs quand les conflits qui traversent les groupes ont pris le pas sur les hommes et leurs idées. N’est‑ce pas là une des plus importantes raisons de l’absence de débats actuels sur l’histoire du mouvement des idées dans notre discipline ?