De la continuité entre deux prescriptions
Cette contribution se propose de rendre compte du caractère non hasardeux et, plus encore, stratégique, de la présence du mot « intégration » juste avant le mot « identité nationale » dans l’intitulé du nouveau « ministère de l’Immigration, de l’Intégration, de l’Identité nationale et du Codéveloppe...
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| Publicado en: | URI:https://journals.openedition.org/jda, |
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| Autor principal: | |
| Formato: | Article ou chapitre numérique |
| Lenguaje: | Français |
| Publicado: |
Journal des anthropologues
2008
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| Materias: | |
| Acceso en línea: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Sumario: | Cette contribution se propose de rendre compte du caractère non hasardeux et, plus encore, stratégique, de la présence du mot « intégration » juste avant le mot « identité nationale » dans l’intitulé du nouveau « ministère de l’Immigration, de l’Intégration, de l’Identité nationale et du Codéveloppement » qui vient d’être instauré en France.La thèse défendue est que la catégorie d’« identité nationale » se présente avant tout – et tient sa possibilité même – dans cet intitulé, en tant que version tendue et extrémiste de la catégorie d’« intégration », qui a été au centre d’un travail étatique, répété et continu, de construction identitaire depuis environ 25 ans en France.Si elle n’est pas contestable, la rupture portée par « identité nationale » est totalement préparée par le large consensus dont a bénéficié, dans la société française, la catégorie d’« intégration ».L’usage politique et prescriptif de la catégorie d’« intégration » a permis, dans un contexte postclassiste, la mise en invisibilité de l’être social des étrangers (des gens qui travaillent et vivent ici) au profit de la mise en visibilité de leur être culturel, religieux et allogène (des musulmans, des polygames…). Elle a ainsi été, dans les représentations, l’outil central de légitimation des législations et des pratiques administratives, chaque fois plus contraignantes, concernant le droit de séjour des étrangers.La polyvalence des usages, ceux des sciences sociales comme ceux du discours étatique, d’une catégorie (« intégration ») portée à ce niveau de prescription politique, interroge autant que sa capacité (paradoxale mais intrinsèque) à exclure. Pourtant, « intégration » reste une catégorie qui ne suscite pas la méfiance ou l’indignation qu’appelle « identité nationale ». D’où la permanence de ses usages, et, de là, le succès qu’elle peut autoriser à sa suivante. |
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