Histoires de vie harkies, ou l’institutionnalisation d’une identité d’État

Quarante‑cinq ans après la fin de la guerre d’Algérie le terme « harki » survit dans l’espace social et public français en mémoire d’un passé qui reste présent, dans le même temps qu’il surgit comme une nouvelle assignation identitaire. Sa charge sémantique est doublement équivoque, il devrait désig...

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Podrobná bibliografie
Vydáno v:URI:https://journals.openedition.org/jda,
Hlavní autor: Fabbiano, Giulia
Médium: Article ou chapitre numérique
Jazyk:Français
Vydáno: Journal des anthropologues 2008
Témata:
On-line přístup:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
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Shrnutí:Quarante‑cinq ans après la fin de la guerre d’Algérie le terme « harki » survit dans l’espace social et public français en mémoire d’un passé qui reste présent, dans le même temps qu’il surgit comme une nouvelle assignation identitaire. Sa charge sémantique est doublement équivoque, il devrait désigner les autochtones algériens supplétifs de l’armée française entre 1955 et 1962, mais il désigne les citoyens français ayant servi dans des troupes supplétives. Le remaniement de la donnée factuelle et circonstanciée qu’est l’enrôlement dans les rangs français en label identitaire, véritable opération d’institutionnalisation de l’altérité, ne saurait s’expliquer sans prendre en compte la gestion postcoloniale mise en place à l’égard des familles des anciens supplétifs d’une part et la dimension mémorielle, dans ses us et ses abus, d’autre part. L’articulation de ces deux éléments permet d’affirmer que si le fait d’avoir été harki est sans doute une condition nécessaire, il n’est pas pour autant une condition suffisante pour être harki aujourd’hui en France.