Des « minorités visibles » aux néostéréotypes
Dès la fin des années 1990, l’introduction de la notion de « minorités visibles » dans les débats concernant la représentativité ethnoraciale des programmes de la télévision française, a contribué à tendre encore plus le paradoxe français d’une indifférence aux différences conduisant à une indiffére...
Salvato in:
| Pubblicato in: | URI:https://journals.openedition.org/jda, |
|---|---|
| Autore principale: | |
| Natura: | Article ou chapitre numérique |
| Lingua: | Français |
| Pubblicazione: |
Journal des anthropologues
2008
|
| Soggetti: | |
| Accesso online: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Riassunto: | Dès la fin des années 1990, l’introduction de la notion de « minorités visibles » dans les débats concernant la représentativité ethnoraciale des programmes de la télévision française, a contribué à tendre encore plus le paradoxe français d’une indifférence aux différences conduisant à une indifférence aux discriminations. Or on observe depuis 2004 un basculement spectaculaire de l’ensemble des professionnels de la télévision vers un volontarisme efficace de visibilité des minorités. Cependant, l’apparition croissante de non‑Blancs contre‑stéréotypés ne conduit pas nécessairement à une réduction des stéréotypes positifs ou négatifs de type essentialiste, ni au développement d’antistéréotypes réflexifs quant aux « nouvelles ethnicités » propre à la postcolonialité. Ils tendent à l’inverse à légitimer le passage d’un modèle d’intégration colour blind à un autre : tandis que les non‑Blancs étaient marginalisés en raison de l’indifférence aux discriminations, leur nouvelle visibilité a pour corollaire le déni de toute ethnicité non‑blanche et des discriminations elles-mêmes. |
|---|