Varia : Quelques réalités socio‑économiques de l'Afrique romaine tardive : Travail et pauvreté à travers le témoignage d'Augustin

Augustin était bien conscient de la réalité économique et sociale des travailleurs de l’Afrique romaine à son époque. Une étude du lexique de la pauvreté chez lui fait apparaître un lien entre condition sociale et travail, la pauvreté pouvant concerner toute personne qui, bien que travaillant, demeu...

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Dades bibliogràfiques
Publicat a:URI:https://journals.openedition.org/interferences,
Autor principal: Baccouche, Elyes
Format: Article ou chapitre numérique
Idioma:Français
Publicat: Interférences 2023
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Accés en línia:Accès Université d'Orléans et IFPM
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Descripció
Sumari:Augustin était bien conscient de la réalité économique et sociale des travailleurs de l’Afrique romaine à son époque. Une étude du lexique de la pauvreté chez lui fait apparaître un lien entre condition sociale et travail, la pauvreté pouvant concerner toute personne qui, bien que travaillant, demeure financièrement vulnérable et soumis à la pression sociale des riches. La pauvreté apparaît alors comme un élément de construction d'un discours social où pauvreté implique une nécessaire limitation du statut social. Il existe alors toute une frange de la population qui demeure malgré son travail à la limite de l'extrême pauvreté, parfois jusqu'à la servitude volontaire. Appartiennent à ces catégories vulnérables aux conditions économiques ou aux exactions des potentes les journaliers, certains artisans, les prostituées, mais aussi certains marchands. L'insistance mise par Augustin sur l'ampleur des oeuvres de charité pour l'Eglise souligne la fragilité des conditions sociales. Cet état de fait est plus marqué encore en zone rurale. Augustin valorise le travail, et prend la défense des travailleurs en usant de ses prérogatives épiscopales, mais l'action de l'Eglise paraît généralement limitée au cadre urbain. Augustin éclaire ainsi les difficultés d’une « classe » laborieuse surtout urbaine qui peine à se procurer le minimum pour vivre et montre la difficulté pour l’Eglise de prendre efficacement la défense de pauvres.