Ruines et paysages bruts. Sur l’art involontaire
On tentera ici de défaire l’idéologie du « brut » dans les analyses du paysage – le fantasme de ce qui n’aurait pas ou qui aurait été peu abimé par les activités industrielles et autres traces de l’homme. Le paysagiste Gilles Clément montre que les milieux résistent toujours à la fois à leur exploit...
Salvato in:
| Pubblicato in: | URI:https://journals.openedition.org/interfaces, |
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| Autore principale: | |
| Natura: | Article ou chapitre numérique |
| Lingua: | Français |
| Pubblicazione: |
Interfaces
2023
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| Soggetti: | |
| Accesso online: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Riassunto: | On tentera ici de défaire l’idéologie du « brut » dans les analyses du paysage – le fantasme de ce qui n’aurait pas ou qui aurait été peu abimé par les activités industrielles et autres traces de l’homme. Le paysagiste Gilles Clément montre que les milieux résistent toujours à la fois à leur exploitation et à leur préservation. Ils sont dynamiques et inventifs ; il faut faire avec leurs qualités spécifiques. On envisagera ce que Clément appelle le « Tiers paysage », concept visant les friches et délaissés urbains où l’activité semble suspendue ou amortie, mais qui deviennent manifestement des refuges de biodiversité, du fait de l’absence d’entretien. Le Tiers paysage et ses ruines industrielles permettent un rapport réinventé au paysage, un rapport « non-esthétique », qui tiendrait compte de « l’art involontaire », un art de situation ne prenant pas exactement les formes du sauvage ou du brut, mais intégrant l’aléatoire et les artifices. On évoquera aussi en guise d’envoi les photographies de Josef Koudelka, qui invitent à revoir sous cet angle les conventions de l’esthétique « ruiniste » - Koudelka pratique un art assumant la complexité de son objet, un objet abimé, morbide, involontaire et pourtant majestueux. |
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