La trace du geste en peinture à la lumière des sciences cognitives
Jusqu’à la seconde moitié du XIXe, la présence physique de l’artiste, facture apparente, trace du geste, touche visible, ne devait pas apparaître dans l’œuvre finie, ou de manière discrète. Or à partir de la fin du XIXe, avec la révolution Impressionniste, la peinture évolue vers une présence physiq...
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| Auteur principal: | |
| Format: | Article ou chapitre numérique |
| Langue: | Français |
| Publié: |
Interfaces
2020
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| Sujets: | |
| Accès en ligne: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Résumé: | Jusqu’à la seconde moitié du XIXe, la présence physique de l’artiste, facture apparente, trace du geste, touche visible, ne devait pas apparaître dans l’œuvre finie, ou de manière discrète. Or à partir de la fin du XIXe, avec la révolution Impressionniste, la peinture évolue vers une présence physique de l’artiste dans son œuvre de plus en plus visible. La « touche », ces traces furtives de gestes, apportent à la représentation cet aspect fugitif, dans des œuvres qui tentaient souvent de capturer l’instant, comme chez Claude Monet et Berthe Morisot. Les Pointillistes, au contraire, cherchaient, par le point, à rendre compte d’un instant éternel, immobile. Pour Vincent Van Gogh, tout ce qui témoigne de l’œuvre en train de se faire donne à l’œuvre un résultat plus naturel qu’une image où la trace de son auteur a disparu. Francis Bacon trouve aussi qu’une peinture réalisée de manière immédiate, « touche plus violemment le système nerveux ». A la même époque, avec l’Action Painting de Jackson Pollock, le geste et sa conséquence sur la matière picturale deviennent les sujets même des peintures. De nos jours, grâce aux neurosciences, nous connaissons bien mieux le fonctionnement de notre perception. Nous savons que les éléments non représentatifs d’une image (texture, traces, touches apparentes), ne perturbent pas notre compréhension de la représentation, et nous fournissent des informations que notre cerveau interprète : la trace du geste donne des informations motrices que nous percevons comme telles. Les différentes textures nous font pénétrer au cœur du processus de fabrication matérielle de l’œuvre. Cet article mettra en parallèle ce que certains artistes, par leur recherche et leur pratique, ont pu mettre en lumière quant au rôle du geste dans la création, et la réception artistique. Les neurosciences nous apportent les connaissances physiologiques qui expliquent dans une certaine mesure ce que la trace du geste apporte à l’expérience d’une œuvre. |
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