Friedrich Hayek et la justice sociale
Le but de cet article est de critiquer une interprétation de la pensée de Friedrich Hayek qui semble consensuelle dans la littérature française contemporaine, dont la source remonte au moins au cours au Collège de France de Michel Foucault intitulé Naissance de la biopolitique, et qui consiste à voi...
Gardado en:
| Publicado en: | URI:https://journals.openedition.org/implicationsphilosophiques, |
|---|---|
| Autor Principal: | |
| Formato: | Article ou chapitre numérique |
| Idioma: | Français |
| Publicado: |
Implications philosophiques
2026
|
| Sujets: | |
| Acceso en liña: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Résumé: | Le but de cet article est de critiquer une interprétation de la pensée de Friedrich Hayek qui semble consensuelle dans la littérature française contemporaine, dont la source remonte au moins au cours au Collège de France de Michel Foucault intitulé Naissance de la biopolitique, et qui consiste à voir en Hayek le promoteur d’un ordre social fondé exclusivement sur le marché, à l’exclusion notamment de toute politique sociale. Nous essaierons de mettre en lumière ce que cette interprétation classique a d’erronée, et de montrer que le traitement de la question de la justice sociale, dans le cadre de la pensée hayékienne, est beaucoup plus riche et ouvert qu’on est souvent enclin à le dire dans l’exégèse française. Nous montrerons que si Hayek récuse le concept de « justice sociale » qu’il juge absurde, la justice ne pouvant être selon lui que l’attribut d’une conduite humaine, ce n’est pas pour se désintéresser du champ qu’il recouvre ordinairement, mais pour lui substituer un autre traitement, faisant intervenir la notion de secours publics, autrement dit, d’une forme d’assistance gouvernementale hors-marché, résultant d’une délibération politique, ce qui signifie que le rôle de l’État, dans la conception de Hayek, ne doit pas se limiter à assurer les conditions de l’ordre catallactique. |
|---|