Les « Boches du Nord » : ces femmes françaises exilées et leur image en France entre 1914 et 1918

Cet article traite des femmes françaises (réfugiées, évacuées ou rapatriées), obligées de quitter les régions du Nord et du Nord-Est occupées durant la Grande Guerre. Qui sont celles qui quittent durant tout le conflit les dix départements passés sous domination ennemie ? Dès les premiers jours de l...

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Detaylı Bibliyografya
Yayımlandı:URI:https://journals.openedition.org/ilcea,
Yazar: Charles, Nicolas
Materyal Türü: Article ou chapitre numérique
Dil:Français
Baskı/Yayın Bilgisi: ILCEA 2019
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Online Erişim:Accès Université d'Orléans et IFPM
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Özet:Cet article traite des femmes françaises (réfugiées, évacuées ou rapatriées), obligées de quitter les régions du Nord et du Nord-Est occupées durant la Grande Guerre. Qui sont celles qui quittent durant tout le conflit les dix départements passés sous domination ennemie ? Dès les premiers jours de l’offensive allemande en 1914, beaucoup de Français menacés par l’avancée germanique quittent leur domicile pour aller vers Paris ou l’ouest du pays. Passée l’invasion, avec la stabilisation du front après novembre 1914, les réfugiés continuent quand même à affluer vers la « France libre », évacués par les Allemands qui souhaitent se débarrasser des « bouches inutiles ». Comment ces femmes sont-elles accueillies en France où elles sont, aux yeux de beaucoup, suspectes de collaborer, parfois de façon intime, avec l’ennemi ? Quels sont les dispositifs mis en place par l’État français pour les interroger, les recevoir, les loger ?Notre article sur ces réfugiées françaises durant la Première Guerre mondiale sera organisé en trois parties. Tout d’abord, il s’agira de dresser une typologie de ces femmes réfugiées. Pourquoi partent-elles ? Qui sont celles qui partent ? Ce seront les deux axes essentiels de cette partie. Ensuite, nous chercherons à voir comment l’État français s’occupe des réfugiées et des rapatriées françaises à leur arrivée en provenance des territoires occupés. Des logements sont fournis, et des interrogatoires pratiqués par des commissariats spéciaux à leur entrée sur le territoire via la Suisse (souvent en Haute-Savoie ou dans le Doubs). Ensuite, elles sont envoyées sur tout le territoire où les interrogatoires se poursuivent. Enfin, nous examinerons l’image qu’ont ces réfugiées auprès des autres français : nous verrons que l’image ambiguë de « Boche du Nord » leur a été attribuée, car la plupart des Français, loin du théâtre des opérations, avaient du mal à comprendre comment des Françaises avaient pu vivre au contact de l’ennemi. De par leur origine, ces femmes sont rapidement suspectées par l’opinion publique d’être des « femmes à Boches », ce qui, dans le contexte de la guerre en fait de mauvaises françaises. Nous tâcherons donc ici de voir aussi comment ces femmes émigrées ont vécu cette situation, loin de chez elles, victimes de la guerre mais suspectées par leurs compatriotes.