Femmes des classes populaires et participation : imaginaires politiques et construction d’une résistance au quotidien

Les dispositifs de participation qui ont été mis en place sous les gouvernements Chávez, au Venezuela, représentent des outils de lutte contre la pauvreté et les inégalités sociales. La participation à l’échelle locale permet aux femmes des classes populaires de se constituer en sujets politiques, e...

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Detalles Bibliográficos
Publicado en:URI:https://journals.openedition.org/ilcea,
Autor principal: Brandler-Weinreb, Jessica
Formato: Article ou chapitre numérique
Lenguaje:Français
Publicado: ILCEA 2018
Materias:
Acceso en línea:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Descripción
Sumario:Les dispositifs de participation qui ont été mis en place sous les gouvernements Chávez, au Venezuela, représentent des outils de lutte contre la pauvreté et les inégalités sociales. La participation à l’échelle locale permet aux femmes des classes populaires de se constituer en sujets politiques, en résistant à la situation de pauvreté et aux rapports de domination qui structurent la vie quotidienne. Initialement vécues comme source de stigmatisation, elles ont fait de leur appartenance de classe, ethnique, générationnelle, de genre comme de leur zone d’habitation, une ressource pour leur engagement politique. À travers les dispositifs de participation, l’État finance cet élan et cible les femmes qui combattent le fatalisme et le sentiment d’impuissance. Elles sont de plus en plus nombreuses à se sentir capables et à vouloir occuper des postes à responsabilité. À partir d’une étude longitudinale de trajectoires individuelles basées sur une enquête ethnographique, il a été possible de saisir les mutations de leurs imaginaires, de leurs pratiques et de leurs représentations politiques. Dans cet article, il s’agit de se demander dans quelle mesure la participation et la valorisation étatique de l’échelle micro-locale ainsi que des acteurs et des actrices qui s’y investissent, permettent aux luchadoras sociales (combattantes sociales) — femmes des classes populaires, pour une majorité racisées — de transformer leur subalternité en ressource pour légitimer leurs actions et pour se penser autrement, notamment en politique. Je propose de comprendre la manière dont ces mutations opèrent, au quotidien, comme une résistance à leurs multiples positions sociales « subordonnées » et établissent un changement au niveau du paradigme dominant femmes et pouvoir.