Quand Cendrillon prend la porte… Le motif de la révolte dans le répertoire de Vera Komissarjevskaia (1902-1906)

Entre 1902 et 1906, au moment de la première révolution russe, la popularité de la comédienne Vera Komissarjevskaia fut immense en Russie. Au fil de ses rôles, essentiellement dans le répertoire contemporain, elle incarna une certaine image de la femme moderne, offrant ainsi à ses innombrables admir...

תיאור מלא

שמור ב:
מידע ביבליוגרפי
הוצא לאור ב:URI:https://journals.openedition.org/ilcea,
מחבר ראשי: Kempf, Lucie
פורמט: Article ou chapitre numérique
שפה:Français
יצא לאור: ILCEA 2017
נושאים:
גישה מקוונת:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
תיאור
סיכום:Entre 1902 et 1906, au moment de la première révolution russe, la popularité de la comédienne Vera Komissarjevskaia fut immense en Russie. Au fil de ses rôles, essentiellement dans le répertoire contemporain, elle incarna une certaine image de la femme moderne, offrant ainsi à ses innombrables admiratrices des modèles d’identification que nous nous proposons d’analyser. Nous serons préalablement amenés à nous interroger sur le statut très particulier des comédiennes célèbres en Russie : elles avaient en effet, à une époque où la « question de la femme » se posait de manière toujours plus aiguë, réussi à occuper une place significative dans l’espace public, où, à travers le choix de leur répertoire, elles pouvaient faire entendre leur voix. Nous analyserons ensuite six personnages interprétés par Komissarjevskaia entre 1902 et 1906, au moment où, après avoir démissionné du théâtre Alexandra, elle était devenue maîtresse de ses choix artistiques. Ces héroïnes étaient en effet en rupture avec les personnages de Cendrillons malchanceuses qui avaient assuré son succès au début de sa carrière. Elles imposaient l’image d’une femme révoltée, prête à faire voler en éclat les structures familiales et sociales pour affirmer ses droits en tant qu’individu. Les œuvres interprétées se caractérisaient par l’ouverture de leur dénouement, comme si l’unique issue pour les femmes était désormais de prendre la porte. Alors que dans la rue l’agitation sociale grandissait, à partir de 1905, ces personnages devinrent encore plus subversifs : si elles prenaient leur liberté, c’était désormais au nom de désirs sexuels. Les choix artistiques de Komissarjevskaia pendant la révolution établirent avec une grande force un parallèle, certes, avant tout suggéré dans la dramaturgie occidentale, mais particulièrement pertinent en Russie, celui de la pulsion vitale et de l’élan révolutionnaire.