De « Boule de Neige » au « Prince Perce-Neige ». Réception de « Blanche-Neige » en France dans les ouvrages destinés à la jeunesse
D’abord intitulé « Boule-de-Neige » en 1824 dans les Vieux contes pour l’amusement des grands et des petits enfants — traduction du recueil anglais German Popular Stories —, « Blanche-Neige » reste le conte le plus connu des frères Grimm aujourd’hui, au point de paraître victime d’une imagerie dont...
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| Dans: | URI:https://journals.openedition.org/ilcea, |
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| Auteur principal: | |
| Format: | Article ou chapitre numérique |
| Langue: | Français |
| Publié: |
ILCEA
2014
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| Sujets: | |
| Accès en ligne: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Résumé: | D’abord intitulé « Boule-de-Neige » en 1824 dans les Vieux contes pour l’amusement des grands et des petits enfants — traduction du recueil anglais German Popular Stories —, « Blanche-Neige » reste le conte le plus connu des frères Grimm aujourd’hui, au point de paraître victime d’une imagerie dont le succès planétaire du dessin animé de Walt Disney en 1937 a largement figé les contours. En première place dans les recueils pour enfants depuis deux siècles, il fait aussi l’objet d’innombrables rééditions sous le format de l’album et s’expose à toutes les formes de réécritures. On s’intéressera à cette profusion éditoriale et aux jeux littéraires qu’elle engendre pour tenter d’en évaluer les modalités et les effets en distinguant trois degrés de réécriture : l’adaptation, la parodie et la réécriture-réappropriation. La parodie domine le champ, rançon de la notoriété du conte, alors soumis à de multiples bouleversements thématiques et idéologiques, aussi pourra-t-on se demander ce qu’il advient du texte poétique et cruel des frères Grimm au fil des trivialisantes métamorphoses où la jeune et belle princesse devient tour à tour « Cochon-Neige » (Vincent Malone, Seuil, 2006), ou « Prince Perce-Neige » (Gaël Aymon, Talents Hauts, 2011). Mais toutes les reconfigurations ne relèvent pas de la parodie : quelques œuvres interrogent le conte source d’autre manière, en modifiant le point de vue et l’instance narratoriale (Les sept nains, d’Etienne Delessert, Gallimard, 2000), ou en jouant des frontières génériques avec d’autres formes littéraires (Lilas, d’Yvan Pommaux, L’École des loisirs, 2000). Quelle lecture peut-on faire de ces nouvelles moutures ? Que disent-elles, que montrent-elles au jeune lecteur contemporain ? Parlera-t-on forcément de trahison et ne pourrait-on voir au contraire dans l’entreprise ludique, récréative et re-créatrice menée par certains auteurs, le témoignage de croisements culturels proches de ceux qui ont favorisé la circulation des contes, qu’il s’agisse des contes de l’oralité ou des contes devenus textes, comme ceux des Grimm qui ont eux-mêmes reçu les deux influences ? Cette approche permettrait peut-être de légitimer la littérature de jeunesse comme domaine caractérisé par une double ambition : transmettre une culture patrimoniale et initier aux jeux sophistiqués de la littérature. |
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