Des bestsellers grâce aux citations de contes ? Les romans à succès de Berthold Auerbach et d’Eugenie Marlitt et leurs pré-textes issus de la poésie populaire
Barfüßele (1856) de Berthold Auerbach et Goldelse d’Eugenie Marlitt (1866) figurent parmi les romans allemands les plus célèbres du xixe siècle. Leurs contemporains expliquaient ouvertement le succès de ces œuvres par le « caractère populaire » (Rudolf Gottschall) des sujets qu’elles traitaient, ce...
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| Publicado no: | URI:https://journals.openedition.org/ilcea, |
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| Autor principal: | |
| Formato: | Article ou chapitre numérique |
| Idioma: | Allemand |
| Publicado em: |
ILCEA
2014
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| Assuntos: | |
| Acesso em linha: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Resumo: | Barfüßele (1856) de Berthold Auerbach et Goldelse d’Eugenie Marlitt (1866) figurent parmi les romans allemands les plus célèbres du xixe siècle. Leurs contemporains expliquaient ouvertement le succès de ces œuvres par le « caractère populaire » (Rudolf Gottschall) des sujets qu’elles traitaient, ce jugement étant probablement dû aux similitudes que présente l’action des deux romans avec le conte de Cendrillon. Tous deux citent par ailleurs un grand nombre de contes et de légendes, créant ainsi un entrelacement intertextuel qui demande à être explicité.La présente communication se propose de montrer comment ces deux récits s’inscrivent dans la tradition de la poésie populaire (Volkspoesie), non seulement à la surface du texte lui-même (motifs et procédés stylistiques, etc.), mais aussi d’un point de vue poétologique. Par les multiples références aux contes, ces deux œuvres donnent naissance, d’une part, à des « archétypes en habits d’aujourd’hui » (« modern verkleidete Archetypen », Hermann Bausinger) ; d’autre part, les pré-textes cités ouvrent, pour chacun de leurs post-textes, un horizon de lecture élargi et jalonné par la discussion initiée exactement 80 ans plus tôt par Johann Gottfried Herder et portant sur les rapports entre poésie de nature (Naturpoesie) et poésie d’art (Kunstpoesie).Ces deux textes peuvent être considérés comme des tentatives, au sens où l’entendait Herder, pour trouver une forme moderne de la poésie populaire, une variante des contes populaires qui serait en adéquation avec son époque. Auerbach voulait qu’on voie de la littérature populaire dans ses « Schwarzwälder Dorfgeschichten » (Récits villageois de la forêt noire) qui, au même titre que les Contes de l’enfance et du foyer des frères Grimm, représentent la vie véritable comme « de la poésie authentique » (préface, 1re édition des Contes des Grimm), et qui expriment et promeuvent « l’esprit et l’âme » allemands (Auerbach).Les œuvres respectives d’Auerbach et de Marlitt s’inscrivent dans un discours auquel les travaux de recherche actuels n’accordent plus guère d’importance, mais qui eut toute sa place jusque dans les années 1860, ce qu’atteste le succès de ces romans. |
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