Un mausolée pour André Mazon : origines et vocations de la « bibliothèque-musée » Léon Tolstoï

Cet article examine la genèse de la bibliothèque-musée Tolstoï fondée par André Mazon (1881-1967) en 1952 à partir des fonds légués par Tat’âna Suhotina-Tolstaâ et Charles Salomon, traducteur français de Tolstoï. Le don de Tat’âna Suhotina-Tolstaâ, le legs de Charles Salomon sont le résultat des soc...

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Dades bibliogràfiques
Publicat a:URI:https://journals.openedition.org/ilcea,
Autors principals: Pousson, Guilhem, Pueyo, Barbara
Format: Article ou chapitre numérique
Idioma:Français
Publicat: ILCEA 2024
Matèries:
Accés en línia:Accès Université d'Orléans et IFPM
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Descripció
Sumari:Cet article examine la genèse de la bibliothèque-musée Tolstoï fondée par André Mazon (1881-1967) en 1952 à partir des fonds légués par Tat’âna Suhotina-Tolstaâ et Charles Salomon, traducteur français de Tolstoï. Le don de Tat’âna Suhotina-Tolstaâ, le legs de Charles Salomon sont le résultat des sociabilités d’André Mazon d’une part avec la famille Tolstoj, d’autre part avec les intellectuels proches de Desjardins et les philologues qui structurent la réception de son œuvre en France. La bibliothèque-musée, en ce sens, peut être comprise comme le réceptacle d’une mémoire partagée entre ces deux groupes, et fournit des éléments pour penser une histoire de réseaux d’intellectuels transnationaux liés à l’écrivain. Le « foyer d’études » établi par Mazon a vocation à devenir un espace de collégialité entre les chercheurs français et certains philologues exerçant en URSS, malgré la guerre froide alors à son paroxysme. À l’exception des individualités de Butčik et de Tat’âna Suhotina-Tolstaâ (liées à la bibliothèque à travers Mazon), la communauté émigrée russe semble jouer un rôle relativement marginal dans le développement de la collection. En tout état de cause, le destin de la bibliothèque rappelle le rôle crucial des liens personnels dans les échanges culturels entre l’Est et l’Ouest. Ces relations se substituent largement aux contacts institutionnels – qui déclinent, mais ne disparaissent pas –, permettant ainsi de répondre (très partiellement) à une situation de recherche empêchée.