Configuration de l’indicible : l’élaboration du deuil de la mère à travers la fiction chez Aharon Appelfeld

Cet article propose une analyse de la récurrence des personnages blessés, en particulier féminins, dans les romans autofictionnels d’Aharon Appelfeld, en mettant en relation cette thématique avec le concept de « deuil impossible » de la mère. En se basant principalement sur les trois romans d’Appelf...

Descrición completa

Gardado en:
Detalles Bibliográficos
Publicado en:URI:https://journals.openedition.org/ilcea,
Autor Principal: Xia, Jiaojiao
Formato: Article ou chapitre numérique
Idioma:Français
Publicado: ILCEA 2024
Sujets:
Acceso en liña:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Descripción
Résumé:Cet article propose une analyse de la récurrence des personnages blessés, en particulier féminins, dans les romans autofictionnels d’Aharon Appelfeld, en mettant en relation cette thématique avec le concept de « deuil impossible » de la mère. En se basant principalement sur les trois romans d’Appelfeld, Tsili, Floraison sauvage, et La chambre de Mariana et en s’appuyant sur la théorie du deuil et de la mélancolie de Freud, ainsi que sur l’interprétation du psychanalyste Michel Hanus (1936-2010), notre analyse met en évidence l’importance de l’image du corps dans l’écriture d’Appelfeld, un écrivain ayant vécu des expériences traumatiques intenses. L’image pathologique du corps, présente de manière récurrente dans toute son œuvre, nous permet d’observer l’impact inconscient de la perte traumatique intense de la mère sur l’auteur. Tout d’abord, nous soulignons l’omniprésence de la douleur dans l’écriture d’Appelfeld, en la considérant comme une manifestation de la souffrance liée au « travail de deuil » qui demeure inachevé. Ensuite, à travers l’image d’amputation des personnages, nous percevons la « blessure narcissique » laissée chez l’écrivain par ce « travail de deuil », ainsi que la complexité inconsciente de la relation avec l’objet perdu. Enfin, notre étude met l’accent sur la dimension haineuse inhérente au « conflit ambivalentiel », en démontrant les manifestations du « fantasme de petitesse » et du « fantasme d’incorporation » à travers les trois personnages féminins.