Itinéraires de l’indicible : la maison comme opérateur de conversion dans l’œuvre de Mauricio Rosencof

Emprisonné pendant la dictature militaire en Uruguay, Mauricio Rosencof interroge depuis l’enfermement sa trajectoire familiale marquée par les pogroms, puis la Shoah. On pourrait y voir la tentative de désamorcer une fatalité jetant sans cesse l’individu dans un dehors qui paradoxalement l’enferme....

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Julkaisussa:URI:https://journals.openedition.org/ilcea,
Päätekijä: Maisian, Jordana
Aineistotyyppi: Article ou chapitre numérique
Kieli:Français
Julkaistu: ILCEA 2023
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Linkit:Accès Université d'Orléans et IFPM
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Yhteenveto:Emprisonné pendant la dictature militaire en Uruguay, Mauricio Rosencof interroge depuis l’enfermement sa trajectoire familiale marquée par les pogroms, puis la Shoah. On pourrait y voir la tentative de désamorcer une fatalité jetant sans cesse l’individu dans un dehors qui paradoxalement l’enferme. Comment déjouer le piège d’une expérience ancienne qui résonne dans une expérience actuelle ? Je fais l’hypothèse que l’enfermé façonne, par le biais d’une écriture mentale, un espace domestique permettant l’avènement du dire. Car la maison, puis le texte conçu comme une maison, peuvent venir au secours de l’expression. Les structures spatiales que l’écrivain explore percutent l’architecture du texte, lui-même devenant intérieur qui se déploie et rend possible le déplacement, non de l’individu dans un collectif, mais d’un singulier-universel. Ces topologies activent ce que j’appellerai la fonction-mémoire : faute de pouvoir dire, héberger un indicible qui, hélas, le restera, non sans reconfigurer son contexte. J’essayerai de montrer que la maison est un opérateur de conversion qui relaie cet indicible pour en faire de l’irreprésentable, et qui précipitera le remplacement des formes dramatiques par des formes romanesques.