L’émancipation des serfs de Russie dans la Revue des deux mondes et la correspondance diplomatique française

Le Manifeste sur l’abolition du servage en Russie, en mars 1861, fut modestement évoqué dans la presse française. Aussitôt après la conclusion de la paix, les diplomates français retournèrent en Russie, dès l’été 1856, ce qui leur offrit la possibilité de suivre la laborieuse préparation de l’émanci...

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Detalles Bibliográficos
Publicado en:URI:https://journals.openedition.org/ilcea,
Autor principal: Eldin, Grégoire
Formato: Article ou chapitre numérique
Lenguaje:Français
Publicado: ILCEA 2013
Materias:
Acceso en línea:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Descripción
Sumario:Le Manifeste sur l’abolition du servage en Russie, en mars 1861, fut modestement évoqué dans la presse française. Aussitôt après la conclusion de la paix, les diplomates français retournèrent en Russie, dès l’été 1856, ce qui leur offrit la possibilité de suivre la laborieuse préparation de l’émancipation des serfs et ses premières conséquences. Les dépêches envoyées de l’ambassade à Saint-Pétersbourg et des consulats à Moscou, Odessa, Riga et Tiflis, de 1856 à la mi-1863, décrivent le système politique russe et les participants à la réforme : le tsar, le peuple, les nobles, les fonctionnaires, les prêtres. Alors qu’au début, ils approuvaient l’abolition du servage, devant l’accumulation des incertitudes et des troubles en 1861 et 1862, ils commencèrent à la juger parfois sévèrement. Les souffrances des serfs russes et la nécessité de l’abolition du servage devinrent le thème habituel des articles littéraires, historiques, géographiques, mais aussi des chroniques politiques de ce temps, dans la Revue des deux mondes. À partir de l’été 1858, le bi-mensuel publia une série d’articles économiques favorables à une réforme ouvertement libérale. Loin d’approuver le régime autocratique, confrontée aux troubles de 1861-1862 et préoccupée en particulier par le sort de la Pologne, la revue se manifesta en exigeant de véritables réformes économiques et politiques et en adoptant définitivement une attitude hostile envers le pouvoir en Russie.