Construire la mémoire et l’identité autochtones aux États-Unis. Le documentaire photographique Project 562 de Matika Wilbur

À travers l’analyse de la série photographique Project 562 de l’artiste nord-amérindienne Matika Wilbur, notre étude a pour objectif principal d’interroger la notion de « documentaire photographique » à l’aune de représentations autochtones réflexives. Nous postulons que les caractéristiques formell...

Szczegółowa specyfikacja

Zapisane w:
Opis bibliograficzny
Wydane w:URI:https://journals.openedition.org/ideas,
1. autor: Journée, Aurélie
Format: Article ou chapitre numérique
Język:Français
Wydane: IdeAs 2019
Hasła przedmiotowe:
Dostęp online:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Opis
Streszczenie:À travers l’analyse de la série photographique Project 562 de l’artiste nord-amérindienne Matika Wilbur, notre étude a pour objectif principal d’interroger la notion de « documentaire photographique » à l’aune de représentations autochtones réflexives. Nous postulons que les caractéristiques formelles de ces récits photographiques soulèvent, dans leur contexte historico-culturel de production spécifique, des questionnements sur la construction de la mémoire et de l’identité des Amérindiens aux États-Unis. Notre analyse s’inscrit dans le cadre de recherches doctorales qui interrogent le potentiel de la photographie à être un outil de revendications politiques et sociales. Plus spécifiquement, nos travaux tendent à mettre en évidence que les artistes femmes autochtones en Amérique du Nord utilisent le médium photographique afin de livrer une critique de l’épistémologie, des sciences et des techniques occidentales, dans une perspective décoloniale. Cet article entend ainsi retracer les origines de l’œuvre Project 562 de Matika Wilbur (artiste d’origine tulalip et swinomish) afin d’en étudier les modalités particulières et comprendre ses objectifs. Il s’agira enfin de voir en quoi les images réalisées, à mi-chemin entre la photographie de portraits et celle de paysages participent d’une « esthétique du recensement » entre rupture et continuité, interrogeant la terminologie même de « photographie documentaire ». À partir d’une approche historique, anthropologique et culturelle de l’image photographique, nous étudierons d’abord le contexte de production de ce projet et ses objectifs. Ensuite, nous verrons en quoi son processus de création et ses modalités formelles propres réactualisent une pratique historiquement allochtone tout en valorisant des cultures autochtones. En conclusion, nous nous interrogerons sur ce que ce projet révèle de la place et du rôle de la femme autochtone dans la société contemporaine.