Marcher les montagnes avec les Naso : ethnographie à pied d’une expédition de démarcation d’un territoire autochtone (Panama)

À partir de l’ethnographie d’expéditions de démarcation d’un territoire ancestral autochtone au Panama, cet article met l’accent sur un aspect peu étudié des recherches en cartographies autochtones : la marche. Bien loin d’être un mal nécessaire pour les exigences techniques des relevés topographiqu...

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Detaylı Bibliyografya
Yayımlandı:URI:https://journals.openedition.org/ideas,
Yazar: Voisin, Yann
Materyal Türü: Article ou chapitre numérique
Dil:Français
Baskı/Yayın Bilgisi: IdeAs 2025
Konular:
Online Erişim:Accès Université d'Orléans et IFPM
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Özet:À partir de l’ethnographie d’expéditions de démarcation d’un territoire ancestral autochtone au Panama, cet article met l’accent sur un aspect peu étudié des recherches en cartographies autochtones : la marche. Bien loin d’être un mal nécessaire pour les exigences techniques des relevés topographiques des frontières dans les territoires cartographiés, la marche relève autant d’un investissement physique et sensible de la frontière que d’une activité collective et politique. Longtemps considéré comme proche de l’extinction culturelle, le peuple Naso – l’un des sept peuples autochtones présents au Panama – a obtenu en 2020, après une longue lutte auprès de l’État, une reconnaissance légale de son territoire. La création de la Comarca Naso Tjër Di restitue à ses quelque 5 000 membres une souveraineté sur une vaste zone montagneuse de 1 600 km², réouvrant ainsi les possibilités d’une revitalisation culturelle. Un collectif de jeunes Naso, formés aux technologies de la géomatique et de la télédétection (drones, imagerie satellite, SIG et GPS), est aujourd’hui chargé de la démarcation précise de ses limites. Il est épaulé dans cette tâche par un groupe d’anciens dont les connaissances géographiques et les savoirs de chasse sont directement mobilisés dans les expéditions. En décrivant les dynamiques à l’œuvre au sein des expéditions de cartographie participative, où plusieurs générations d’autochtones marchent ensemble, cette étude de cas s’interroge sur la façon dont la cartographie actualise les rapports politiques et sensibles au territoire.