Conserver, pacifier, coloniser : la création de l’armée brésilienne au XIXe siècle
Le récit dominant concernant les relations entre militaires et civils dans le Brésil du cœur du XIXe siècle est fondé sur l’idée d’une hostilité des élites civiles à l’égard de l’armée, qui aurait eu pour conséquences sa mise au pas et son affaiblissement dans les affaires d’État. Ce processus, débu...
Tallennettuna:
| Julkaisussa: | URI:https://journals.openedition.org/ideas, |
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| Aineistotyyppi: | Article ou chapitre numérique |
| Kieli: | Français |
| Julkaistu: |
IdeAs
2022
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| Linkit: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Yhteenveto: | Le récit dominant concernant les relations entre militaires et civils dans le Brésil du cœur du XIXe siècle est fondé sur l’idée d’une hostilité des élites civiles à l’égard de l’armée, qui aurait eu pour conséquences sa mise au pas et son affaiblissement dans les affaires d’État. Ce processus, débuté à l’abdication du premier Empereur Dom Pedro I (1831), n’aurait pris fin qu’à la guerre du Paraguay (1864-1870). Cet article démontre que, bien au contraire, la réorganisation de l’armée mise en œuvre à la fin de la Régence (1831-1840) et aux débuts du Second Empire était intégrée dans un projet d’État, porté par le Parti Conservateur : faire naître de la répression violente des nombreuses révoltes intestines l’imposition de hiérarchies sociales et raciales et la mise à disposition d’une main d’œuvre rurale pour les exploitations agricoles. L’armée de terre brésilienne, contrairement à ce qui s’est passé en Europe, n’est ainsi pas née dans le combat contre l’ennemi étranger. Elle a été mise en place en pleine guerre civile, dans des conflits entrés dans l’histoire comme des rébellions, tandis que leur répression a été désignée sous le terme de « pacification », un concept si puissant qu’encore de nos jours il est largement employé au Brésil. |
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