Des costumiers aux costumières. Processus et conséquences d’une féminisation du secteur professionnel

La terminologie de costumier est aujourd’hui vécue par les professionnels comme impropre à définir les différentes fonctions qu’ils exercent, alors même qu’ils demeurent attachés à ce vocable tant il situe leurs activités au sein des arts scéniques. Le problème langagier est si présent que le secteu...

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Wedi'i Gadw mewn:
Manylion Llyfryddiaeth
Cyhoeddwyd yn:URI:https://journals.openedition.org/ht,
Prif Awdur: Viémont, Gaëlle
Fformat: Article ou chapitre numérique
Iaith:Français
Cyhoeddwyd: Horizons/Théâtre 2019
Pynciau:
Mynediad Ar-lein:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
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Crynodeb:La terminologie de costumier est aujourd’hui vécue par les professionnels comme impropre à définir les différentes fonctions qu’ils exercent, alors même qu’ils demeurent attachés à ce vocable tant il situe leurs activités au sein des arts scéniques. Le problème langagier est si présent que le secteur costumier n’a de cesse de s’interroger sur les dénominations, ce que traduit l’apparition récente du vocable de « concepteur costume » qui, visant à différencier l’artiste des artisans, est aussi la marque d’une quête de valorisation. L’étude de l’origine du terme de « costumier » est indispensable à la compréhension de l’indétermination langagière qui frappe actuellement ce domaine artistique. Retracer la trajectoire de ce vocable conduit à opérer une lecture genrée de l’histoire de la profession, tant il est clair que l’identité sexuée qui la caractérisait s’est inversée au cours du xixe siècle. Elle est passée d’une activité définie comme masculine, à la fin du xviiie siècle, à une activité très majoritairement féminine au cours du xxe siècle. L’association entre les pratiques costumières et couturières a contribué à confondre, dans l’inconscient collectif, deux secteurs aussi corrélatifs que différenciés. Le tribut à payer par les professionnels de la discipline scénique est lourd en ce que leurs compétences sont tout autant essentialisées et minorées que celles des couturières.