La céroplastie dans le cinéma antivénérien de la première moitié du xxe siècle

La céroplastie compte parmi les artefacts qu’emploient couramment les mises en scène du cinéma antisyphilitique. Cette reproduction du corps humain, initialement outil de connaissance, devient par elles une incarnation terrifiante du péril vénérien. Il ne s’agit pas seulement d’alerter les conscienc...

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Detaylı Bibliyografya
Yayımlandı:URI:https://journals.openedition.org/hms,
Asıl Yazarlar: Bonah, Christian, Danet, Joël
Materyal Türü: Article ou chapitre numérique
Dil:Français
Baskı/Yayın Bilgisi: Histoire, médecine et santé 2025
Konular:
Online Erişim:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
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Özet:La céroplastie compte parmi les artefacts qu’emploient couramment les mises en scène du cinéma antisyphilitique. Cette reproduction du corps humain, initialement outil de connaissance, devient par elles une incarnation terrifiante du péril vénérien. Il ne s’agit pas seulement d’alerter les consciences mais de frapper les imaginations. Mobilisant un corpus de films antivénériens français et allemands produits entre 1926 et 1939, l’analyse situe d’abord la céroplastie et le film sanitaire et éducatif dans l’histoire de l’enseignement médical du premier tiers du xxe siècle, période marquée par sa massification. Elle propose ensuite de déplier la stratégie complexe de monstration des céroplasties dans ces productions à vocation préventive, laquelle met en jeu des situations d’intermédialité (cours, expositions, conférences). Enfin, l’analyse interroge la cinégénie propre à la céroplastie. L’usage à la fois didactique et dramatique des céroplasties dans le film sanitaire et médical l’affranchit de la leçon et du récit où elle prenait sa place pour acquérir, telle est l’hypothèse, un statut propre d’objet cinématographique qui invite à une contemplation fascinée. Cette mise en scène, loin de la complaisance esthétique, renforce sa vocation prophylactique à l’échelle d’une société entière, lorsque la céroplastie devient, pour le personnage aussi bien que le public qui se projette dans ses affects, un miroir intime et démultiplié.