Soin, refus de soin ou maltraitance ? Médecins et avortées dans les hôpitaux parisiens (1900-1975)

La rencontre entre les femmes avortées et le personnel hospitalier, dans les trois quarts de siècle qui précèdent la loi Veil, est restée dans les mémoires collectives comme une sorte de cas d’école en matière de « pouvoir médical ». Partant de certaines accusations faisant explicitement état de mau...

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Spremljeno u:
Bibliografski detalji
Izdano u:URI:https://journals.openedition.org/hms,
Glavni autor: Cahen, Fabrice
Format: Article ou chapitre numérique
Jezik:Français
Izdano: Histoire, médecine et santé 2017
Teme:
Online pristup:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Opis
Sažetak:La rencontre entre les femmes avortées et le personnel hospitalier, dans les trois quarts de siècle qui précèdent la loi Veil, est restée dans les mémoires collectives comme une sorte de cas d’école en matière de « pouvoir médical ». Partant de certaines accusations faisant explicitement état de mauvais traitements, cet article tente de reconstruire une histoire complexe où interviennent à la fois des normes morales et professionnelles et des réalités cliniques, organisationnelles et logistiques. C’est en se plaçant au niveau de l’interaction immédiate entre le médecin et malade que cette étude cherche à mieux cerner les conditions concrètes d’une réticence au soin et les réalités d’une prise en charge problématique. Une telle approche permet d’observer comment l’avortée volontaire fit l’objet, depuis la fin du XIXe siècle, d’un étiquetage négatif, établi sur des critères cliniques sommaires, et ainsi construite comme une « indésirable ». Derrière les violences parfois spectaculaires que cette stigmatisation put occasionner, l’enquête fait apparaître des formes souvent insoupçonnées mais plus répandues de gestion des malades, dont l’effet d’ensemble fut probablement préjudiciable à la santé de celles qui dépendaient de l’hôpital public pour se soigner.