Psychotrope, dépression et intersubjectivité : l’épistémologie clinique de Roland Kuhn ou le faire science de la psychiatrie existentielle

S’interroger sur les rapports entre théorie et pratique dans le domaine de la santé mentale conduit notamment à se demander ce que signifie « faire science » en psychiatrie, ce qu’est la recherche scientifique et quels rapports elle entretient avec la clinique « psy ». Cette contribution entend amen...

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Dans:URI:https://journals.openedition.org/hms,
Auteur principal: Pidoux, Vincent
Format: Article ou chapitre numérique
Langue:Français
Publié: Histoire, médecine et santé 2017
Sujets:
Accès en ligne:Accès Université d'Orléans et IFPM
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Description
Résumé:S’interroger sur les rapports entre théorie et pratique dans le domaine de la santé mentale conduit notamment à se demander ce que signifie « faire science » en psychiatrie, ce qu’est la recherche scientifique et quels rapports elle entretient avec la clinique « psy ». Cette contribution entend amener quelques éléments de réponse par le biais d’une étude de cas : l’épistémologie clinique réflexive proposée par le psychiatre suisse Roland Kuhn (1912-2005). Son épistémologie a été décisive dans l’appréciation des effets antidépresseurs du premier tricyclique, l’imipramine, que l’entreprise pharmaceutique Geigy destinait a priori à une indication antipsychotique au même titre que la chlorpromazine. Je montre comment l’approche de Kuhn relève d’une mise en compatibilité de l’analyse existentielle et phénoménologique, de la nosographie classique et de l’étiologie organique de la dépression. J’explicite la manière dont ses travaux articulent théorie et pratique de manière réflexive, et adoptent une approche constructiviste mettant en avant le rôle du clinicien-chercheur, des patient·e·s et de l’intersubjectivité qui les lie.