Broder Christiansen, interlocuteur involontaire du formalisme russe : « dominante » et « qualités différentielles »

Dans cet article, nous examinerons l’une des sources qui a eu une influence importante sur la formation conceptuelle du formalisme russe. Il s’agit du livre de Broder Christiansen Philosophie de l’art (1909). Nous nous attarderons sur le sort de deux concepts de Christiansen. La notion de « dominant...

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Uloženo v:
Podrobná bibliografie
Vydáno v:URI:https://journals.openedition.org/hel,
Hlavní autoři: Gretchko, Valerij, Tchougounnikov, Sergueï
Médium: Article ou chapitre numérique
Jazyk:Français
Vydáno: Histoire Épistémologie Langage 2026
Témata:
On-line přístup:Accès Université d'Orléans et IFPM
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Shrnutí:Dans cet article, nous examinerons l’une des sources qui a eu une influence importante sur la formation conceptuelle du formalisme russe. Il s’agit du livre de Broder Christiansen Philosophie de l’art (1909). Nous nous attarderons sur le sort de deux concepts de Christiansen. La notion de « dominante » (die Dominante) et celle de « qualités différentielles » (Differenzqualitäten). Ces deux concepts ont joué un rôle déterminant dans l’évolution du courant formaliste. Les formalistes se sont réappropriés le terme de Differenzsqualität au travers du concept d’ostranenie, défamiliarisation pour en faire le dispositif universel de toute activité artistique. La dominante, conçue dans la perspective « fonctionnaliste », soumet et « colore » les autres facteurs « dominés » de l’ensemble artistique. Le terme de dominante est lié à cette autre notion formaliste qu’est l’ustanovka (la visée). Les formalistes introduisent ce concept pour éclaircir sa notion de « construction », laquelle implique selon eux une vision fonctionnelle du texte littéraire : la fonction d’une œuvre littéraire est le résultat des relations différentielles qu’une œuvre entretient avec le système littéraire dont elle fait partie. Ainsi le formalisme passe des « qualités différentielles » et de la dominante aux notions de construction et de fonction de l’œuvre.