Le langage entre succession et concomitance : visibilité de la Gestalt et structures subliminales

Cette étude cherche à montrer l’influence du « formaliste allemand » Oskar Walzel (1864-1944) sur la conception de la langue poétique élaborée au sein du courant formaliste russe. Notamment, il est question de ce que serait l’apport complémentaire de Walzel au modèle de la fonction poétique selon Ja...

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書誌詳細
出版年:URI:https://journals.openedition.org/hel,
第一著者: Tchougounnikov, Sergueï
フォーマット: Article ou chapitre numérique
言語:Français
出版事項: Histoire Épistémologie Langage 2026
主題:
オンライン・アクセス:Accès Université d'Orléans et IFPM
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要約:Cette étude cherche à montrer l’influence du « formaliste allemand » Oskar Walzel (1864-1944) sur la conception de la langue poétique élaborée au sein du courant formaliste russe. Notamment, il est question de ce que serait l’apport complémentaire de Walzel au modèle de la fonction poétique selon Jakobson, apport qui n’a jamais été précédemment évoquée dans les études formalistes. Or, c’est précisément Walzel qui fournit une explication psychologique du modèle jakobsonien selon lequel « la fonction poétique projette le principe d’équivalence de l’axe de la sélection sur l’axe de la combinaison » (R. Jakobson). Walzel construira son propre mécanisme de conversion des arts de la succession (l’art verbal et la musique) en arts de la simultanéité (les arts plastiques) à partir de deux modèles psychologiques : celui de Johannes Herbart (1776-1841) et celui de Christian von Ehrenfels (1859-1932). C’est ainsi que Walzel introduit la notion de « visibilité de la Gestalt » de l’œuvre poétique, décrite comme tributaire de la « vision véritable » [rechtes Sehen] ». C’est là où la visibilité de la Gestalt de l’œuvre poétique rencontre les « structures subliminales » de la poétique jakobsonnienne. Comme les « qualités de forme » (Ehrenfels) et comme la « visibilité de la Gestalt » (Walzel), les « structures subliminales » s’imposent à la conscience et apparaissent par conséquent comme ses données fondamentales. Dans la mesure où les « qualités de forme », la « visibilité de la Gestalt » et les « structures subliminales » relèvent de la totalité, ce sont diverses façons d’accéder au système de l’œuvre ou encore à l’œuvre en tant que totalité. C’est ainsi que la ligne relationnelle et synesthésique inaugurée par Walzel conduit des « élucidations réciproques des arts » aux « structures subliminales » du dernier formalisme devenu structuralisme.