Le structuralisme entre philosophie française et émigration russe : sur les traces d’une anthropologie philosophique européenne

Cet article réévalue le moment français du structuralisme en le replaçant dans le cadre transnational des réseaux de l’émigration russe à Prague et à Paris. Contre l’historiographie canonique, qui voit dans la généralisation des sciences structurales, au cours des années 1950, une intrusion éphémère...

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發表在:URI:https://journals.openedition.org/hel,
主要作者: Flack, Patrick
格式: Article ou chapitre numérique
語言:Français
出版: Histoire Épistémologie Langage 2026
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實物特徵
總結:Cet article réévalue le moment français du structuralisme en le replaçant dans le cadre transnational des réseaux de l’émigration russe à Prague et à Paris. Contre l’historiographie canonique, qui voit dans la généralisation des sciences structurales, au cours des années 1950, une intrusion éphémère et antagoniste dans la philosophie française, il suggère que ce conflit apparent couvre en réalité un enracinement partagé dans une anthropologie philosophique reformulée dans les milieux russes de l’exil. À Prague, le Cercle linguistique a été autant un foyer de formalisation méthodologique et disciplinaire qu’un nœud dialogique où phonologie et discours philosophiques se confrontent autour des fondements possibles des sciences de l’homme. À Paris, des réseaux d’échanges intellectuels disposés autour de Kojève, Chestov, Koyré ou Levinas ont transmis et infléchi la philosophie allemande en l’articulant à Dostoïevski et à une certaine tradition russe — préparant ainsi, pour la phénoménologie, le personnalisme et l’épistémologie française, un horizon « anthropologisé » déjà radicalement attentif aux décentrements qu’opèrent sur une subjectivité clivée les formes propres de la connaissance. Le structuralisme français apparaît dès lors non comme une irruption externe, mais plutôt comme une polarisation — largement nourrie elle aussi par l’émigration russe — au sein d’un continuum anthropologico-philosophique européen.