Normaliser l’hétérosexualité : présomptions, discussions et stratégies de mères avec leurs jeunes enfants

Ces dernières années, les chercheur·es en sciences sociales ont mis au jour comment le monde social est structuré non seulement par l’hétérosexisme et l’homophobie, mais aussi par l’hétéronormativité – c’est-à-dire les manières dont l’hétérosexualité est quotidiennement privilégiée et considérée com...

ver descrição completa

Na minha lista:
Detalhes bibliográficos
Publicado no:URI:https://journals.openedition.org/gss,
Autor principal: Martin, Karin A.
Formato: Article ou chapitre numérique
Idioma:Français
Publicado em: Genre, sexualité et société 2026
Assuntos:
Acesso em linha:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Descrição
Resumo:Ces dernières années, les chercheur·es en sciences sociales ont mis au jour comment le monde social est structuré non seulement par l’hétérosexisme et l’homophobie, mais aussi par l’hétéronormativité – c’est-à-dire les manières dont l’hétérosexualité est quotidiennement privilégiée et considérée comme normale et naturelle. Il n’y a pourtant que peu de travaux empiriques sur la manière dont l’hétérosexualité est reproduite puis normalisée. À partir d’une base de données constituée auprès de plus de 600 mères de jeunes enfants de 3 à 6 ans, cet article s’intéresse à la façon dont les mères normalisent l’hétérosexualité chez ces enfants. Les données suggèrent que la plupart des mères, qui exercent leur rôle parental dans un contexte genré et hétéronormatif, présument l’hétérosexualité de leurs enfants, décrivent les relations amoureuses et adultes aux enfants comme étant uniquement hétérosexuelles, rendant invisibles à leurs yeux les gays et les lesbiennes. Celles qui envisagent le fait que leur enfant pourrait un jour être homosexuel·le ont tendance à adopter l’une des trois stratégies suivantes : la plupart adoptent une stratégie passive et « croisent les doigts » en espérant que leur enfant ne soit pas homosexuel·le ; certaines, peu nombreuses, essaient de préparer activement et positivement leur enfant à la possibilité d’être homosexuel·le ; une plus grande partie d’entre elles, en particulier celles qui appartiennent à des groupes religieux protestants conservateurs, travaillent à empêcher cette homosexualité. Je conclus cet article en discutant des implications de ces résultats pour la compréhension du développement de l’identité sexuelle et de la construction de l’hétéronormativité.