Nos « silences construits » : nommer la violence épistémique au fondement de la théorie queer

À l’occasion de la sortie de la traduction française de Borderlands, cet article se propose de revenir sur la manière dont les contributions de Gloria Anzaldúa ont été systématiquement passées sous silence lors de l’émergence de la théorie queer. Prenant appui sur la critique queer de couleur, il me...

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Detalles Bibliográficos
Publicado en:URI:https://journals.openedition.org/gss,
Autor principal: Back, Camille
Formato: Article ou chapitre numérique
Lenguaje:Français
Publicado: Genre, sexualité et société 2024
Materias:
Acceso en línea:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Descripción
Sumario:À l’occasion de la sortie de la traduction française de Borderlands, cet article se propose de revenir sur la manière dont les contributions de Gloria Anzaldúa ont été systématiquement passées sous silence lors de l’émergence de la théorie queer. Prenant appui sur la critique queer de couleur, il met en évidence le fait que la théorie queer s’est fondée sur l’effacement ou la marginalisation des apports d’auteur·rice·s racisé·e·s. Après avoir exposé la violence épistémique de ses textes « fondateurs », je réinvestirai la métaphore du « trou noir » proposée par Evelynn Hammonds dans « Black (W)holes and the Geometry of Black Female Sexuality » (1994) afin de prendre en considération non seulement nos « silences construits », mais aussi nos angles morts. Je m’intéresserai enfin à la façon dont la politique de traduction française et l’adoption de la métaphore des « vagues » pour décrire le développement de la théorie queer a contribué à reconduire ces pratiques de marginalisation et d’effacement, tout en reproduisant certains angles morts dans l’analyse.