Coups de pieds en talons hauts : politiques du corps et performancescapes dans les scènes drag et ballroom grecques contemporaines

Ces dernières années, dans la Grèce post-crise économique, les violences homophobes, transphobes de même que la haine de l’efféminé et du féminin se sont intensifiées. En parallèle, de nouvelles esthétiques médiatiques, de nouveaux codes visuels et de nouveaux impératifs hyperpolitiques ont émergé,...

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הוצא לאור ב:URI:https://journals.openedition.org/gss,
Auteurs principaux: Koutsougera, Natalia, Kontou, Amalia Maria
פורמט: Article ou chapitre numérique
שפה:Français
יצא לאור: Genre, sexualité et société 2023
נושאים:
גישה מקוונת:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
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סיכום:Ces dernières années, dans la Grèce post-crise économique, les violences homophobes, transphobes de même que la haine de l’efféminé et du féminin se sont intensifiées. En parallèle, de nouvelles esthétiques médiatiques, de nouveaux codes visuels et de nouveaux impératifs hyperpolitiques ont émergé, cherchant à redéfinir les pratiques artistiques drag et queer. Dans ce cadre, ces dernières se sont mises à se jouer tout à la fois de la culture populaire nationale, des standards de beauté et de la politique dans une perspective quasi postmoderne et postironique. S’appuyant sur des références locales et internationales, les scènes grecques du drag et du ballroom subvertissent artistiquement les horizons d’attente de leurs publics, à l’aide « d’imaginaires alternatifs et chaotiques du genre » (Davies, 2012) et d’autoréférences populaires et culturelles qui « soulignent la fausseté du naturel » (Van de Port, 2012). Bien souvent, ces appropriations sont perçues comme « en guerre avec la grécité » (Ieropoulos, 2018) et incarnent l’archétype moderne du « déviant » et du blasphème aux yeux d’une société grecque chrétienne orthodoxe. Dans une veine similaire, les vogueur·euses portent des costumes étranges, déformant les images d’une féminité pop et extravagante, et s’adonnent publiquement à des mouvements de danse en talons hauts, dans une logique combative et excessive. Dans ce contexte, nous proposons une analyse des performances espiègles et hasardeuses qui ponctuent les scènes drag et ballroom d’Athènes, afin d’en révéler les configurations politiques et les rhizomes performatifs, qui s’étalent bien au-delà des interprétations et imaginaires de résistance inter et extracommunautaires.