Droits des femmes ou femmes sans droits ? Le féminisme d’État face à la prostitution.

La loi du 13 avril 2016 « visant à renforcer la lutte contre le système prostitutionnel et à accompagner les personnes prostituées » a consacré l’intégration du cadre abolitionniste au féminisme d’État en France. L’analyse des débats à l’Assemblée nationale et au Sénat souligne ainsi que ce sont les...

Szczegółowa specyfikacja

Zapisane w:
Opis bibliograficzny
Wydane w:URI:https://journals.openedition.org/gss,
Główni autorzy: Jacquemart, Alban, Jakšić, Milena
Format: Article ou chapitre numérique
Język:Français
Wydane: Genre, sexualité et société 2019
Hasła przedmiotowe:
Dostęp online:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Opis
Streszczenie:La loi du 13 avril 2016 « visant à renforcer la lutte contre le système prostitutionnel et à accompagner les personnes prostituées » a consacré l’intégration du cadre abolitionniste au féminisme d’État en France. L’analyse des débats à l’Assemblée nationale et au Sénat souligne ainsi que ce sont les parlementaires inséré.e.s dans les institutions étatiques de défense de la cause des femmes qui ont porté et défendu cette loi promulguée au nom des droits des femmes. Mais si les personnes prostituées, perçues avant tout comme des femmes migrantes sans titre de séjour, sont des victimes à protéger, la loi ne leur offre finalement que des droits limités, voire aucun droit si elles ne s’engagent pas à cesser leur activité. De ce point de vue, la prise en charge de la question prostitutionnelle par le féminisme d’État met en évidence la conception historiquement et socialement située des droits des femmes qui est défendue. Le débat parlementaire autour de la prostitution agit ainsi comme un puissant révélateur de la fragilité et de la faible autonomie de la cause des femmes au sein de l’État.