« Trying to avoid », « trying to conceive » : (re)produire une féminité contradictoire par la quantification
En suivant les signes physiologiques du cycle de leur fertilité, les femmes peuvent produire de l’information sur soi qui constitue ainsi une technique alternative aux moyens contraceptifs et aux moyens d’aide à la conception hormonales et chirurgicales. Depuis 2009, des applications numériques mobi...
Guardado en:
| Publicado en: | URI:https://journals.openedition.org/gss, |
|---|---|
| Autor principal: | |
| Formato: | Article ou chapitre numérique |
| Lenguaje: | Français |
| Publicado: |
Genre, sexualité et société
2017
|
| Materias: | |
| Acceso en línea: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Sumario: | En suivant les signes physiologiques du cycle de leur fertilité, les femmes peuvent produire de l’information sur soi qui constitue ainsi une technique alternative aux moyens contraceptifs et aux moyens d’aide à la conception hormonales et chirurgicales. Depuis 2009, des applications numériques mobiles soutiennent ces pratiques en offrant une plateforme permettant la quantification du cycle de fertilité. Loin de reproduire seulement une représentation du féminin devant respecter sa « nature » reproductive, les applications de gestion de fertilité promeuvent un idéal de contrôle de soi informationnel focalisé sur la domination de cette même nature. Cet article cherche donc à comprendre comment une technologie de gestion de la fertilité participe de la (re) production des catégories de genre. Nous y analysons cet objet à l’intersection de théories de la production d’un sujet féminin et de théories de la production d’un sujet néolibéral afin d’identifier quelles formes prennent ces catégories et les façons dont elles s’actualisent au sein de ces applications. L’application de gestion de fertilité Kindara professe que l’« empowerment » des femmes passe par le contrôle informationnel de soi, un « empowerment informationnel ». À travers l’étude de cas de l’application Kindara, nous verrons comment cet idéal d’« empowerment », associé à celui d’une réalisation de soi qui passe par la maternité, participe au sentiment d’impuissance des femmes incapables de concevoir un enfant, incapables de contrôler leur corps selon leur volonté. |
|---|