Prescrire un contraceptif : le rôle de l’institution médicale dans la construction de catégories sexuées

Contrairement aux recherches médicales qui se fondent le plus souvent sur un « universel masculin », le domaine de la santé reproductive est caractérisé par l’absence des hommes. La prise en charge médicale de la reproduction s’est, dès son origine, focalisée sur les femmes. La médicalisation de la...

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Julkaisussa:URI:https://journals.openedition.org/gss,
Päätekijä: Ventola, Cécile
Aineistotyyppi: Article ou chapitre numérique
Julkaistu: Genre, sexualité et société 2015
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Linkit:Accès Université d'Orléans et IFPM
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Yhteenveto:Contrairement aux recherches médicales qui se fondent le plus souvent sur un « universel masculin », le domaine de la santé reproductive est caractérisé par l’absence des hommes. La prise en charge médicale de la reproduction s’est, dès son origine, focalisée sur les femmes. La médicalisation de la contraception a renforcé sa féminisation avec la disqualification des méthodes impliquant les deux membres du couple comme le retrait ou le préservatif, au profit de méthodes médicales féminines.Cet article a pour objectif d’analyser comment la médicalisation de la contraception a renforcé la construction de rôles sexuellement différenciés en matière de reproduction, et plus précisément le rôle joué par les acteurs médicaux dans la définition des possibles et du souhaitable dans ce domaine. Il se fonde sur une quinzaine d’entretiens semi-directifs conduits auprès de praticiens prescripteurs de contraception en Île-de-France en 2012 et 2013. Leurs discours reflètent, dans leur majorité, une perception genrée des individus et de leurs compétences contraceptives : les femmes seraient ainsi naturellement intéressées par leur fertilité, par opposition à des hommes indifférents, centrés sur leur sexualité. Cette différenciation sert de justification à l’exclusion des méthodes masculines de l’offre contraceptive.