Entre « chic » et « chien » : les séductions de la Parisienne, de Jean-Jacques Rousseau à Yves Saint-Laurent

Cet article entend analyser l’oscillation des représentations de « la Parisienne », figure cardinale de l’imagerie élitiste et hédoniste tissée au fil des siècles autour de la capitale française. En remontant au xviiie siècle, et plus particulièrement à la réflexion de Jean-Jacques Rousseau, on peut...

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Dades bibliogràfiques
Publicat a:URI:https://journals.openedition.org/gss,
Autor principal: Rétaillaud-Bajac, Emmanuelle
Format: Article ou chapitre numérique
Idioma:Français
Publicat: Genre, sexualité et société 2014
Matèries:
Accés en línia:Accès Université d'Orléans et IFPM
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Descripció
Sumari:Cet article entend analyser l’oscillation des représentations de « la Parisienne », figure cardinale de l’imagerie élitiste et hédoniste tissée au fil des siècles autour de la capitale française. En remontant au xviiie siècle, et plus particulièrement à la réflexion de Jean-Jacques Rousseau, on peut montrer que les définitions de la Parisienne associent très précocement deux paradigmes centraux, celui de la recherche vestimentaire et celui de la maîtrise des jeux de séduction. Elaboré dans le cadre d’une société monarchique qui commence à s’ouvrir au capitalisme marchand, ce portrait se complexifie et se diffuse plus largement au siècle suivant, dans un contexte de mutations urbaines et sociales accélérées, d’éclosion de la presse et de la littérature de masse, et de réorchestration cyclique de la symbolique et de l’esthétique des pouvoirs. S’il perdure aujourd’hui dans l’imagerie publicitaire et la vulgate médiatique, il témoigne aussi, par son édulcoration progressive, de la perte de primauté du privilège français et parisien dans l’ordre de l’Éros, induit par l’homogénéisation des sociétés occidentales, et la « révolution sexuelle » du dernier tiers du xxe siècle.