Dépasser l’analogie, écouter les opprimé·es : patriarcat et blanchité dans le discours antispéciste

Cet article rend compte de deux mésusages de la méthode de raisonnement qu’est l’analogie au sein de l’éthique animale : premièrement, l’analogie entre spécisme/sexisme sur laquelle s’appuient ses textes fondamentaux ; deuxièmement, l’analogie entre la mise en esclavage des noir∙es africain∙es et l’...

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Publicado en:URI:https://journals.openedition.org/glad,
Autor principal: Bahaffou, Myriam
Formato: Article ou chapitre numérique
Lenguaje:Français
Publicado: GLAD! 2025
Materias:
Acceso en línea:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Descripción
Sumario:Cet article rend compte de deux mésusages de la méthode de raisonnement qu’est l’analogie au sein de l’éthique animale : premièrement, l’analogie entre spécisme/sexisme sur laquelle s’appuient ses textes fondamentaux ; deuxièmement, l’analogie entre la mise en esclavage des noir∙es africain∙es et l’exploitation animale (qui sert elle-même à une analogie plus large, celle entre spécisme/racisme). L’analogie a d’une part servi à établir une relation sexisme/spécisme sans les femmes et par une éthique rationaliste patriarcale, alors que les écoféministes véganes avaient déjà construit des modèles relationnels qui ne proposaient pas une relation de similarité, mais d’enchevêtrement, entre les deux oppressions. Ensuite, l’analogie a servi à instrumentaliser le racisme, en considérant les personnes racisées, et en particulier noires, comme de simples exemples à sacrifier pour consolider la logique argumentative de l’antispécisme. D’une part, l’écoféminisme végane - en particulier grâce aux éthiques du care - ainsi que l’afro-véganisme, ont démontré que l’usage de l’analogie se produisait dans un cadre caractérisé par une absence de point de vue situé. Ces deux littératures ont substitué à l’analogie des méthodes de raisonnement qui permettent d’entrer en responsabilité avec les sujets mobilisés, hors d’un discours réifiant et instrumental.