Idéologies de genre et construction des savoirs en sciences phonétiques
L’objectif de cet article est d’exposer comment les savoirs produits dans les sciences phonétiques sont, malgré leur objectivité et neutralité axiologique postulées, empreintes d’idéologies de genre et contribuent à véhiculer celles-ci. Dans la littérature phonétique, le corps est omniprésent. Quand...
محفوظ في:
| الحاوية / القاعدة: | URI:https://journals.openedition.org/glad, |
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| المؤلف الرئيسي: | |
| التنسيق: | Article ou chapitre numérique |
| اللغة: | Français |
| منشور في: |
GLAD!
2020
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| الموضوعات: | |
| الوصول للمادة أونلاين: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| الملخص: | L’objectif de cet article est d’exposer comment les savoirs produits dans les sciences phonétiques sont, malgré leur objectivité et neutralité axiologique postulées, empreintes d’idéologies de genre et contribuent à véhiculer celles-ci. Dans la littérature phonétique, le corps est omniprésent. Quand la production d’un son est décrite, le corps du locuteur est régulièrement représenté par un corps masculin. Par exemple, le conduit vocal humain est régulièrement présenté comme ayant une longueur de 17/17,5 cm. Cette longueur ne correspond cependant pas à une moyenne des conduits vocaux humains, mais à une moyenne de conduits vocaux masculins. Une des conséquences de la confusion entre humain et masculin est que le corps masculin est instauré en norme, et que le corps féminin, présenté comme spécifique, marqué, peut faire l’objet d’un discours pathologisant. Ceci est notamment le cas dans la littérature sur le Syndrome vocal prémenstruel, où des phénomènes physiologiques accompagnant la cyclicité féminine sont décrits en tant que « symptômes » d’un « syndrome ». Le troisième discours idéologique étudié est celui du binarisme. La littérature phonétique produit et reproduit l’idée du binarisme de genre à travers les manières dont sont posées des questions de recherche, formulées des hypothèses, ou encore élaborés des protocoles expérimentaux. Par exemple, dans des textes phonétiques, l’expression « sexe/genre opposé » apparaît régulièrement et l’appareil vocal humain est systématiquement décrit comme sexuellement dimorphe. |
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