Le costume comme leurre et la peau comme costume : Scarlett Johansson, sex-symbol mis à nu dans Under the Skin (Jonathan Glazer, 2013)

En 2013, le cinéaste britannique Jonathan Glazer distribue la star hollywoodienne Scarlett Johansson dans le rôle d’une extraterrestre mangeuse d’hommes perdue en pleine Écosse dans son troisième long-métrage, Under the Skin. Cet article montre que le travail sur les costumes participe de la déconst...

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Detalhes bibliográficos
Publicado no:URI:https://journals.openedition.org/ges,
Autor principal: Moussa, Alexandre
Formato: Article ou chapitre numérique
Idioma:Français
Publicado em: Genre en séries 2026
Assuntos:
Acesso em linha:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Descrição
Resumo:En 2013, le cinéaste britannique Jonathan Glazer distribue la star hollywoodienne Scarlett Johansson dans le rôle d’une extraterrestre mangeuse d’hommes perdue en pleine Écosse dans son troisième long-métrage, Under the Skin. Cet article montre que le travail sur les costumes participe de la déconstruction de l’image de la star à trois niveaux complémentaires. De manière classique, le costume est d’abord envisagé comme artifice garant de l’illusion naturaliste, ce que redouble la mise en abyme produite par le dispositif de tournage du film : il constitue à la fois le déguisement qui permet à l’extraterrestre de se fondre parmi la foule humaine et celui qui autorise la star filmée en caméra cachée à déambuler incognito dans les rues, les magasins et les boîtes de nuit de Glasgow. Le costume et le maquillage assurent en outre une fonction de marqueur du genre, exagérant la dimension d’ultra-féminité et de carnalité attachée à la persona de Johansson depuis le début des années 2000 pour en proposer un renversement critique. Ils procèdent en effet comme un leurre, permettant à l’alien prédatrice de se faire passer pour une proie désirable, passive et disponible auprès de ses victimes ; ce faisant, ils réactualisent l’archétype de la femme fatale associé à Johansson tout en désignant sa sensualité comme une performance et un simulacre. Le costume offre enfin l’occasion d’une réflexion ontologique sur les rapports entre star et personnage filmique, le corps et la persona de la star venant littéralement habiller une figure qui serait sans eux nue et informe.