Manuscrits d’auteur, norme linguistique et « critique des variantes » dans la tradition littéraire italienne

En 1783, Vittorio Alfieri se rend à Ferrare pour consulter les manuscrits de l’Arioste. Il annote les variantes du Roland Furieux. Ce n’est pas un acte d’érudition mais une démarche poétique : il s’inscrit par ce geste dans une tradition qui remonte à la Renaissance, au cours de laquelle une nouvell...

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Pubblicato in:URI:https://journals.openedition.org/genesis,
Autore principale: Vento, Christian Del
Natura: Article ou chapitre numérique
Lingua:Français
Pubblicazione: Genesis 2020
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Accesso online:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
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Riassunto:En 1783, Vittorio Alfieri se rend à Ferrare pour consulter les manuscrits de l’Arioste. Il annote les variantes du Roland Furieux. Ce n’est pas un acte d’érudition mais une démarche poétique : il s’inscrit par ce geste dans une tradition qui remonte à la Renaissance, au cours de laquelle une nouvelle approche des manuscrits d’auteur avait vu le jour. L’étude des manuscrits autographes et des variantes d’auteur, rendue possible en Italie par la conservation exceptionnellement précoce des archives d’écrivain, était devenue un outil pédagogique d’apprentissage de l’écriture et de la langue. En l’absence d’une norme linguistique unique (que seul un pouvoir politique centralisé aurait pu imposer), on tente en effet de la dégager des usages des grands écrivains, dont les manuscrits autographes garantissent l’authenticité. L’exception italienne prend fin quand se concrétise l’unification politique de la péninsule et que s’impose la nécessité d’une langue littéraire vivante, capable d’exprimer la totalité des besoins d’une nation moderne.