« Retoucher cette pièce dans le goût d’autrefois » : pourquoi Mallarmé a-t-il réécrit « Le Guignon » ?

Pour le « Guignon », les versions destinées à la publication se répartissent en trois strates. Du premier état, seuls les vers 1 à 15 furent imprimés en 1862 ; Mallarmé n’ayant pu approuver cette mutilation, on prendra en compte le texte complet d’après le manuscrit qui servit de base à la publicati...

Disgrifiad llawn

Wedi'i Gadw mewn:
Manylion Llyfryddiaeth
Cyhoeddwyd yn:URI:https://journals.openedition.org/genesis,
Prif Awdur: Dominicy, Marc
Fformat: Article ou chapitre numérique
Iaith:Français
Cyhoeddwyd: Genesis 2018
Mynediad Ar-lein:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Disgrifiad
Crynodeb:Pour le « Guignon », les versions destinées à la publication se répartissent en trois strates. Du premier état, seuls les vers 1 à 15 furent imprimés en 1862 ; Mallarmé n’ayant pu approuver cette mutilation, on prendra en compte le texte complet d’après le manuscrit qui servit de base à la publication. Viennent ensuite la version des Poètes maudits (1883-1884) et l’état définitif que livrent l’édition photolithographiée (1887), un programme du Théâtre d’art (1891) et la maquette de 1894 utilisée pour l’édition Deman (1899). En confrontant l’état définitif au texte des Poètes maudits et aux variantes significatives de 1862, on constate qu’en 1887, Mallarmé infléchit la composante « grotesque » du poème vers l’érotisme et la scatologie, laïcise les sources religieuses dont se nourrissaient Les Fleurs du mal, et dote son propos d’une dimension sociopolitique. Ce tournant, qui caractérise plusieurs textes postérieurs à 1884, montre que Mallarmé veut alors se construire un nouvel éthos.