Genèses du roman-fleuve : réduire le cycle à l’opus ?

La temporalité du cycle est canalisée, voire mise en échec dans la genèse du roman-fleuve, qui fait apparaître une réduction de la série à l’opus. Pourtant, Martin du Gard met en scène, dans ses écrits intimes, la manière dont le temps narratif continue de déborder des limites d’un opus unique qui p...

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Bibliografiske detaljer
Udgivet i:URI:https://journals.openedition.org/genesis,
Hovedforfatter: Leblond, Aude
Format: Article ou chapitre numérique
Sprog:Français
Udgivet: Genesis 2017
Fag:
Online adgang:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Beskrivelse
Summary:La temporalité du cycle est canalisée, voire mise en échec dans la genèse du roman-fleuve, qui fait apparaître une réduction de la série à l’opus. Pourtant, Martin du Gard met en scène, dans ses écrits intimes, la manière dont le temps narratif continue de déborder des limites d’un opus unique qui peine à l’endiguer. La logique cyclique, en effet, se lit dans les écrits personnels accompagnant les genèses successives des Thibault et de Maumort, et dans la mise en récit de la fabrique auctoriale. La logique interne de développement de l’œuvre reste proliférante. L’optimisme temporel du cycle, ainsi, s’il est contredit par une Histoire qui se présente comme un enchaînement aveugle de catastrophes, ressurgit dans la tentative reconduite de la construction des mondes fictionnels. Mais d’un roman-fleuve à l’autre, des Thibault à Maumort, la forme du cycle naturaliste a cédé la place à celle, dispersée et fragmentaire, d’un work in progress que Martin du Gard met sous le signe de Montaigne.