Résilience, résistance et reconnaissance

L’agriculture exercée dans les périmètres oasiens urbains est aujourd’hui menacée au Maroc. À Tiznit, l’inversion des rapports de valeur entre l’eau et la terre a favorisé une urbanisation anarchique sur des terres historiquement préser­vées. Or, cette activité fait preuve de résilience dans un cont...

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Detalhes bibliográficos
Publicado no:URI:https://journals.openedition.org/gc,
Auteurs principaux: Goeury, David, Leray, Louis‑Emmanuel
Formato: Article ou chapitre numérique
Idioma:fre
Publicado em: Géographie et cultures 2018
Assuntos:
Acesso em linha:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Descrição
Resumo:L’agriculture exercée dans les périmètres oasiens urbains est aujourd’hui menacée au Maroc. À Tiznit, l’inversion des rapports de valeur entre l’eau et la terre a favorisé une urbanisation anarchique sur des terres historiquement préser­vées. Or, cette activité fait preuve de résilience dans un contexte institution­nel peu favorable. Cette dynamique s’explique par la résistance des agriculteurs et des ayants droit qui se mobilisent face aux autres parties prenantes. Derrière des pratiques culturales jugées archaïques se cachent de nouvelles dynamiques entre­pre­neuriales comme l’élevage bovin laitier. En effet, il apparaît aujourd’hui que l’espace oasien périurbain est particulièrement propice au développement d’une filière laitière bovine intégrée au marché à même de concilier ville et agriculture. Parallèlement, apparaît la volonté d’acteurs locaux de faire reconnaître la spéci­ficité de l’agriculture oasienne afin d’en assurer la préservation. Or, le rôle économique de cette agriculture est parfois minoré tandis que sont mis en avant ses rôles esthétique, écologique, voire psychologique au sein de villes en pleine croissance. L’oasis devient alors un étendard identitaire, un lieu de mémoire d’un temps précolonial, permettant de magnifier une certaine forme de démocratie locale historique. Cependant, cette vision tend à figer les pratiques culturales autour de cultures patrimoniales. S’affirment alors de nouvelles velléités institu­tionnelles de certification des pratiques afin de les mettre en conformité avec de nouveaux usages récréatifs, limitant les opportunités d’innovation des agriculteurs. Par ailleurs, cette patrimonialisation se traduit par une diminution des superficies agricoles au profit d’aménagements récréatifs, voire à l’autorisation d’une urbanisation périphérique croissante, amenant à de nouvelles tensions. Enfin, les ayants droit historiques peuvent être associés à un groupe politique clairement déterminé, les rendant dépendants des retournements électoraux.