Le sacre du paysage tibétain

Dans les années 1910, les explorations au Tibet connaissent un succès sans précédent. À l’écart des enjeux impérialistes britanniques, les voyageurs français proposent une vision non unifiée du Tibet. Toutefois, la récurrence d’une dimension sacrée prêtée au paysage tibétain dans leurs différents ré...

Deskribapen osoa

Gorde:
Xehetasun bibliografikoak
Argitaratua izan da:URI:https://journals.openedition.org/gc,
Egile nagusia: Thévoz, Samuel
Formatua: Article ou chapitre numérique
Hizkuntza:Français
Argitaratua: Géographie et cultures 2013
Gaiak:
Sarrera elektronikoa:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Deskribapena
Gaia:Dans les années 1910, les explorations au Tibet connaissent un succès sans précédent. À l’écart des enjeux impérialistes britanniques, les voyageurs français proposent une vision non unifiée du Tibet. Toutefois, la récurrence d’une dimension sacrée prêtée au paysage tibétain dans leurs différents récits, anglais comme français, surprend le lecteur. Dans le contexte du « Grand Jeu », les voyageurs britanniques conçoivent avant tout le Tibet comme un « État-tampon » au-delà de l’Inde. Associée à une problématique géopolitique, la dimension sacrée conférée au Tibet tient d’un geste apotropaïque. Ce sont d’autres connotations que l’on peut lire dans la sacralité du paysage tibétain chez les voyageurs français. Fernand Grenard (Le Tibet. Le pays et les habitants, 1910) considère les montagnes sacrées du Tibet comme la manifestation de « l’âme bouddhique ». Pour Jacques Bacot, dans Le Tibet révolté (1912), le paysage sacré est le creuset d’une réflexion sur les représentations collectives où sa rencontre avec des Tibétains joue un rôle de premier plan. À l’intersection des traditions anglaises et françaises, Alexandra David-Néel opère une synthèse des représentations antérieures dont la fortune court jusqu’à aujourd’hui : Tibet imaginé et Tibet vécu sont ici dissociés (Journal de voyage, lettres de 1912). Ainsi, en quelques années, sont proposées aux lecteurs européens des expériences et des images du Tibet fort variables dont, dans l’histoire globale des représentations du Tibet, on ne peut limiter les horizons à ceux, perdus, du célèbre Shangri-La.