Quelle place pour le « culturel » en géographie des migrations internationales ?

L’article part du constat paradoxal que la géographie francophone des migrations internationales n’est que minoritairement le fait de chercheurs se rattachant explicitement à la géographie culturelle, et qu’elle entretient souvent des liens plus affirmés avec la géographie sociale. L’hypothèse envis...

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Detalles Bibliográficos
Publicado en:URI:https://journals.openedition.org/gc,
Autor principal: Dubucs, Hadrien
Formato: Article ou chapitre numérique
Lenguaje:fre
Publicado: Géographie et cultures 2016
Materias:
Acceso en línea:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Descripción
Sumario:L’article part du constat paradoxal que la géographie francophone des migrations internationales n’est que minoritairement le fait de chercheurs se rattachant explicitement à la géographie culturelle, et qu’elle entretient souvent des liens plus affirmés avec la géographie sociale. L’hypothèse envisagée dans cet article est que ce paradoxe signale une difficulté profonde, de nature théorique, à trouver la place pertinente que doit occuper le culturel, c’est-à-dire à la fois une approche et une dimension culturelle des phénomènes sociaux, dans une recherche en géographie des migrations. Cette hypothèse est envisagée à travers un retour sur plusieurs travaux de recherche, individuels ou collectifs, auxquels l’auteur a participé : un travail d’enquête mené auprès des migrants japonais à Paris ; une enquête collective sur les mobilités circulaires en Europe, mobilisant une approche biographique ; une enquête collective sur les migrations italiennes en France. Un premier temps est consacré à l’examen de la manière dont le champ francophone des migrations internationales a discuté l’appréhension de notions telles que « distance culturelle » ou « identité culturelle ». Dans un deuxième temps l’article envisage comment les identifications culturelles peuvent constituer des opérateurs de l’expérience migratoire, abordée dans une perspective géogra­phi­que. L’exemple des migrants japonais montre que l’espace domestique ou encore les pratiques alimentaires sont des lieux privilégiés pour saisir des jeux d’identification culturelle. Cet exemple permet ensuite de montrer comment les migrants peuvent entretenir un rapport distancié voire instrumental à l’identifica­tion culturelle, en jouant de représentations souvent stéréotypées pour accéder à des opportunités résidentielles ou professionnelles par exemple.