La nature enfermée ou l’aire protégée comme norme de protection d’un bien commun menacé

Depuis les années 1960, l’outil « aire protégée » s’est imposé comme modèle de conservation d’une nature désormais considérée comme un bien commun mondial. Entité spatiale par essence, elle traduit une façon de construire les interrelations société / environnement et de normer la nature. Elle appara...

Cijeli opis

Spremljeno u:
Bibliografski detalji
Izdano u:URI:https://journals.openedition.org/gc,
Glavni autori: Amelot, Xavier, André‑Lamat, Véronique
Format: Article ou chapitre numérique
Jezik:fre
Izdano: Géographie et cultures 2015
Teme:
Online pristup:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Opis
Sažetak:Depuis les années 1960, l’outil « aire protégée » s’est imposé comme modèle de conservation d’une nature désormais considérée comme un bien commun mondial. Entité spatiale par essence, elle traduit une façon de construire les interrelations société / environnement et de normer la nature. Elle apparaît comme une construction sociospatiale, un espace d’application d’une norme qui produit un processus d’enfermement de la nature : une nature « qui le mérite » ou que mérite la société ? Dès lors se pose la question des référentiels scientifiques, normatifs et cognitifs mobilisés pour fonder le dispositif spatial d’enfermement et, implicitement, disqualifier d’autres espaces. Il s’agit tout d’abord de poser la question de « la nature enfermée ». Il s’agit ensuite de s’intéresser à la façon dont sont fixées les limites spatiales de cette nature « soustraite » et de voir en quoi l’aire protégée constitue un espace de confrontation entre des logiques et des représentations « techniciennes », des « besoins de nature » souvent issus des sociétés urbaines du Nord, des logiques plus empiriques renvoyant aux pratiques et aux savoirs locaux et des approches scientifiques de la complexité. Enfin, il s’agit de s’interroger sur le sens d’une production par la norme, de territoires du « dedans » et du « dehors », prenant peu en compte les interactions complexes des dynamiques environnementales, sociales et économiques.